10 principes pour grandir en sainteté

Je viens de finir le livre de Jerry Bridges, Vers une vie sainte. Un petit livre (140 pages), bien rythmé (17 chapitres) et à l’image des autres écrits de l’auteur: concis, biblique, clair et centré sur l’Évangile de la grâce.

De cette lecture j’ai tiré 10 principes pour progresser toujours plus vers une vie sainte.

La thèse du livre

La thèse de Jerry Bridges tient en peu de mots:

Aucun chrétien ne saurait atteindre un certain degré de sainteté si le Seigneur n’est à l’œuvre dans sa vie, mais il ne l’atteindra pas non plus s’il n’y consacre tous ses efforts.

Il donne l’exemple d’un paysan qui fait tout ce qu’il peut pour récolter (labourer, semer) tout en sachant que la récolte, in fine, ne dépend pas que de ses efforts mais également de l’action de Dieu. (p. 11)
Du coup, on peut réduire la thèse de Jerry Bridges à cette simple équation: sainteté = œuvre de Dieu + efforts personnels.

Bridges précise que nous sommes déjà saints dans un sens, mis à part par et pour Dieu, et que notre sainteté est le fruit de notre position devant Dieu. Être saint c’est « être mis à part pour servir Dieu, et se conduire comme il sied à des gens ainsi mis à part. » (p. 17)

3 problèmes qui nous empêchent de grandir en sainteté

Jerry Bridges identifie trois problèmes qui bloquent notre sanctification:

  1. Dans notre lutte contre le péché, nous nous attardons plus sur nos victoires que sur ce que pense Dieu. Nous sommes tournés vers nous-mêmes et non vers Dieu: nos échecs nous attriste parce que nous voulons avoir le succès, pas parce que notre péché offense Dieu. Notre péché est l’offense à un Dieu saint, pas seulement une défaite personnelle.
  2. Nous pensons que la sainteté s’atteint sans effort. Nous oublions ou minimisons notre responsabilité dans la sainteté.
  3. Nous ne prenons pas au sérieux certains péchés. Mais, dit Bridges, « ce sont les compromis sur les points mineurs qui débouchent sur des chutes vertigineuses. » Nous devons nous demander « à qui j’obéis » plutôt que « à quoi j’obéis. » Bridges conclut: « toute tolérance vis-à-vis du péché est incompatible avec une vie de sainteté. » (p. 21)

10 principes pour grandir en sainteté

1. Reconnaitre la nécessité de la sainteté

Devant Dieu nous sommes saints, nous avons été sanctifiés par le sacrifice de Christ à la croix (Hé 10.10). C’est notre statut aux yeux de Dieu. Mais nous devons rechercher la sanctification, sans laquelle nous ne pourrons pas voir Dieu (Hé 12.14). En fait, la Bible nous dit que Dieu nous a sauvés pour nous rendre saints (1 Th 4.7; 1 Co 1.2; Ep 1.4). Nous sommes sauvés par la grâce de Dieu, et cette même grâce nous enseigne à renoncer à l’impiété (Tite 2.11-12). Du coup, vouloir grandir en sainteté va de paire avec être sauvé. Bridges explique: « le véritable salut est indissociable du désir d’être rendu saint. » Une vie sainte est le signe infaillible de notre position en Christ. L’auteur encourage chacun à se poser la question: « Y’a-t-il des preuves tangibles de sainteté dans ma vie? »

2. Prendre Dieu comme modèle

Le baromètre de notre sainteté n’est pas ce que pense notre entourage, mais notre conformité au caractère de Dieu. Comme Dieu, nous voulons toujours faire ce qu’il y a de juste et bon. Nous avons été créés à l’image de Dieu (Ge 1.26-28), placés sur Terre pour le refléter et le représenter. Notre salut ne nous confère pas une mission nouvelle, elle nous rend capable de remplir celle que nous avions: porter l’image de Dieu dans le monde. Notre image est restaurée au fur et à mesure que notre ressemblance avec Christ grandit. Nous devons être saints comme Dieu (Lé 19.2; 1 PI 1.15-16), en nous laissant transformer toujours plus à l’image de Christ (2 Co 3.16), notre modèle (1 Pi 2.21).
Plus notre caractère est conforme à celui de Dieu, plus notre attitude face au péché sera la même que la sienne. Comme lui, nous allons haïr le péché et aimer la vérité, la beauté et la bonté.

3. Ne pas sous estimer le combat

La vie chrétienne est un combat de tous les jours. Nous luttons contre le péché qui combat à l’intérieur de nous. Nous voulons le mettre à mort. Notre cœur est tortueux (Jé 17.9-10), insondable (1 Co 4.3-5) et trompeur (Ja 1.22). Chaque jour, nous devons demander à Dieu qu’il nous sonde pour nous aider à discerner le péché en nous (Ps 139.23-24). Par sa Parole, son Esprit nous révèle notre péché. Mais il nous faut nous garder de deux pièges; (1) celui d’une introspection morbide et (2) se focaliser sur un péché au détriment de tout le reste.
Mais Dieu ne nous laisse pas combattre le péché tous seuls, mais nous comptons sur la grâce et la puissance de Dieu (Col 1.11; Ep 3.16). « Nous sommes unis à celui qui est à l’œuvre en nous pour nous fortifier par sa puissance infinie. » (p. 67) Nous sommes faibles, mais la puissance de Dieu agit en nous.

4. Ne pas minimiser notre responsabilité

La sainteté est à la fois une œuvre de l’Esprit et de l’homme. C’est l’Esprit-Saint qui fait la différence entre la foi chrétienne et le moralisme, le légalisme et le faux Puritanisme. La mise à mort du péché doit se faire avec la force et sous la direction de l’Esprit Saint. C’est lui qui donne la vie et la force à nos efforts (ph 2.13). Il nous faut d’abord développer une conviction nourrie par la Parole de Dieu (Ps 119.11). Mais nous sommes responsables: nous sommes appelés à faire des efforts pour lutter pour la sainteté (Col 3.5; Hé 12.1; Ja 4.7; 2 Pi 3.14). Du coup, au lieu de parler de défaite ou de victoire « pour décrire nos progrès ou nos reculs dans la sainteté, il serait peut-être préférable d’employer les termes d’obéissance et de désobéissance. » (p. 78)

5. Tenir notre corps en bride

Nous avons tendance à penser la piété et la sainteté comme une affaire éthérée, qui se passe uniquement dans nos cœurs et nos pensées. Mais le combat pour la sainteté se passe aussi dans nos corps. Nous avons été créé êtres matériels et spirituels et notre sainteté doit englober les deux. Notre corps peut devenir un instrument d’injustice (Rm 6.13; 1 Jn 2.16), qui fait la guerre à l’âme (1 Co 9.27). Ce qui était autrefois vu comme des péchés, comme la gloutonnerie et la paresse, sont maintenant considérés au mieux comme des défauts, sinon comme un simple manque de volonté. Bridges souligne que l’habitude de tout faire pour satisfaire sa faim ou sa soif s’étend à d’autres domaines: la nonchalance physique mène inévitablement à la nonchalance spirituelle. Nous devons maîtriser notre corps et faire de lui notre serviteur et non notre chef (1 Co 9.27).

6. Bien se nourrir

C’est notre volonté qui nous fait choisir de céder à la tentation ou non et qui détermine notre caractère et notre conduite. Nous devons donc apprendre à amener notre volonté à se soumettre et à obéir à la volonté de Dieu. L’Esprit qui a inspiré les Écritures nous les rappelle et nous fortifie en vue de les appliquer. « Tout chrétien qui fait des progrès en sainteté est une personne qui passe régulièrement du temps dans la Parole. C’est le seul moyen. » (p. 93) Plus que de simplement la lire, il nous faut méditer la Bible; réfléchir sans cesse à ses enseignements pour l’appliquer ensuite aux situations concrètes.

7. Développer de saines habitudes

La bataille contre l’impiété ne se remporte pas en une journée. On voudrait trop souvent obtenir une piété instantanée, avec des raccourcis. La piété s’acquiert par la discipline et la persévérance (1 Tim 4.7). Le péché entraine le péché. Plus nous péchons, plus nous péchons facilement. S’exercer à la piété, c’est se discipliner et structurer notre vie pour adopter de bonnes habitudes, avec l’aide du Saint-Esprit. (1) Par la répétition: plus nous disons non au péché, plus nous serons enclin à lui résister. (2) En ne permettant aucune exception. (3) En faisant des efforts dans tous les domaines et (4) en persévérant: l’échec ne veut pas dire l’abandon.

8. Résister à l’influence du monde

Les chrétiens savent qu’ils rencontrent l’opposition. Nous serons rejetés comme Christ l’a été avant nous. Mais de la même manière que le Père l’a envoyé dans le monde, il nous y envoie (Jn 17.14-15), avec l’assurance qu’il est avec nous tous les jours (Mt 28.20). Nous devons résister à l’influence du monde: en prenant la résolution ferme de vivre selon nos convictions, en nous affichant comme chrétiens, ce qui nous garde des compromis qui viennent avec la pression extérieure. Dieu est fidèle, nos tentations ne dépasseront pas nos forces, et il a prévu le moyen de nous en sortir (1 Co 10.13).

9. Obéir par et pour la joie

Certains ont parfois l’image, à tort ou à raison, que les gens les plus sains sont aussi les plus austères. Mais ce ne devrait pas être le cas. La sainteté mène à la joie, comme le dit Jésus: « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela afin que ma joie demeure en vous et que votre joie soit complète. » (Jn 15.10–11) La joie vient de notre communion avec Dieu (Ps 16.11); elle est affectée quand nous péchons (Ps 51.14).
Mais la joie n’est pas seulement le résultat d’une vie sainte, mais la source de notre sainteté (Né 8.10). Nous sommes saints pour être joyeux, mais aussi parce que nous sommes joyeux. Ainsi, en trouvant notre joie en Dieu, nous lui ressemblerons toujours plus.

10. BONUS: Rechercher la sainteté en Église

S’il manque une chose au livre de Jerry Bridges, c’est la dimension communautaire de notre sanctification. Pour être saints, Dieu nous a donné son Esprit, sa Parole… et nos frères et sœurs. Pour bien grandir en sainteté, nous devons grandir en communauté.
Notre sainteté personnelle n’a pas qu’une dimension verticale. Être saint, c’est être une source d’encouragement pour nos frères et sœurs. Au contraire, l’impiété ne gâche pas juste notre relation avec Dieu, mais a des répercussions sur l’ensemble de la communauté. Alors comment rechercher la sainteté en Église? Je vois au moins cinq pistes à explorer.

  1. En étant des modèles pour les autres (1 Co 11.1): bien sûr, les anciens de l’Église sont censés être des modèles pour les croyants. Mais dans un certains sens, faire des disciples, c’est inviter les autres à nous imiter, alors que nous imitons Christ.
  2. En portant les fardeaux les uns les autres (Gal 6.2): la souffrance est souvent le terrain sur lequel se développe facilement notre péché. En portant les souffrances des autres, je les aide dans leur combat pour la sainteté.
  3. En dénonçant le péché dans l’amour (Mt 18.15; Gal 6.1): ne pas dénoncer le péché (lorsque c’est nécessaire), n’est pas une marque d’amour, mais plutôt l’inverse. Nous dénonçons le péché par amour, parce qu’il détruit notre frère et l’éloigne de Dieu. Notre but, c’est de gagner notre frère et de le voir retrouver sa joie en Christ.
  4. En nous excitant aux bonnes œuvres (Hé 10.24-25): le péché doit être dénoncé, mais les œuvres bonnes encouragées. Nous sommes souvent plus prompts à voir ce qui ne va pas chez l’autre plutôt que d’encourager ses progrès. Faisons l’effort de regarder avec l’autre le chemin parcouru, par la grâce de Dieu, plutôt que de ne s’arrêter que sur ce qu’il y a encore à parcourir.
  5. En nous rappelant l’Évangile les uns les autres (Col 3.16): la Parole de Christ nous régénère et nous sanctifie. Sans l’Évangile, pas de sainteté possible. Que la Parole de Christ retrouve alors la place centrale dans nos prédications, nos groupes de maison et nos conversations. Parce que finalement, c’est d’elle dont nous avons le plus besoin.

Et toi, quel conseil ajouterais-tu à cette liste?

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

Articles pouvant vous intéresser