10 vérités sur Christ en Colossiens 1.15-20

Ce passage est un des plus beaux passages sur la christologie du Nouveau Testament.

J'en ai retiré 10 vérités.

1. Jésus-Christ est l’image du Dieu invisible (15a)

L’image est quelque chose qui ressemble ou représente autre chose. C’est le même mot (eikōn) qui est utilisé pour parler du portrait ou de l’effigie de César sur les pièces de monnaie (Mt 22.20). En Ge 1.26-28, l’homme est créé à l’image de Dieu. Mais cette image a été déformée (et non perdue) à la chute. En Christ, l’homme est renouvelé à l’image de Dieu (2 Co 3.18), en conformité à Christ, qui est l’image parfaite de Dieu (2 Co 4.4).

En somme, on ressemble à Dieu en ressemblant à Christ. Christ est celui par qui Dieu se révèle. Personne n’a vu Dieu, mais Jésus nous le fait connaitre (Jn 1.18; Hé 1.3). En lui, l’invisible est devenu visible. De fait, pour mieux connaitre Dieu, nous voulons mieux connaitre Christ. Aussi, à ceux qui veulent connaitre Dieu, nous voulons leur présenter Christ.

2. Jésus-Christ est le premier-né de toute création (15b)

Certains, comme les Témoins de Jéhovah (ou déjà Arius au IVème siècle), avancent que ce verset est la preuve que Christ est un être créé et que, par conséquent, il n’est pas Dieu.

Mais il faut noter plusieurs choses:

  1. Le verset 16 nous dit que tout a été créé par lui. Le verset met l’emphase sur la totalité de ce qui existe: visible et invisible, ce qui est sur la terre et dans les cieux. Si tout a été créé par lui, il ne peut pas lui-même avoir été créé.
  2. L’expression « premier-né » est parfois employée de manière métaphorique pour souligner la prééminence (supériorité absolue de ce qui est au premier rang) qui était accordé au premier-né. Ainsi Israël est appelé le « premier-né » de Dieu (Ex 4.22; voir aussi le Psaume – messianique – 89.27-30). En Hé 1.6, Christ est présenté comme le « premier-né » de Dieu.
    Ce verset souligne donc que Christ est supérieur à toute la création sur laquelle il règne et dont il est l’héritier (Hé 1.2).

3. Tout a été créé par lui (16a)

Paul précise bien que Christ a tout créé, y compris les trônes et les seigneuries, les principats et les autorités. Ces quatre noms détaillent le monde invisible et font référence à des êtres spirituels (Ep 1.21; 2 Pi 2.10; 1 Co 15.24).

Dans un contexte où les faux enseignants portaient une attention et une portée excessives aux anges (Col 2.18), Paul rappelle que Christ les a créé (Col 1.16), qu’il en est le chef (Col 2.10) et qu’il les a vaincus à la croix (Col 2.15).

Dans notre contexte, nous rappeler que tout a été créé par Christ nous garde de l’idolatrie. L’homme est prompt à remplacer l’adoration du Créateur par l’adoration de la création. Cela nous pousse aussi à la reconnaissance: tout nous vient de lui (1 Tim 6.17).

4. Tout a été créé pour lui (16b)

Après avoir dit que Christ est le début de la création, par qui tout a été créé, Paul souligne maintenant que Christ est aussi la fin de la création, pour qui tout a été créé. Ailleurs, Paul souligne que Dieu a voulu tout réunir sous Christ (Ep 1.10). Tout ce qui a été créé est pour Christ et donc tout lui doit allégeance. C’est pour Christ que nous avons été créé, c’est à lui que nous devons adoration.

5. Tout se tient en lui (17)

Jésus-Christ est celui qui maintient toute chose en existence. L’auteur de l’épître aux Hébreux nous dit qu’il « soutient toutes choses par sa parole puissante » (Hé 1.3). Christ ne s’est pas retiré de la Création après l’avoir créée (passé) ou n’attend pas le moment où tout sera réconcilié en lui (futur), mais il agit dans le présent en maintenant toute chose. Si le monde continue de tourner, c’est grâce à l’œuvre présente de Christ. Christ maintient toute chose. Il est souverain sur absolument toute la création. Cela devrait nous encourager de savoir que rien ne lui échappe et que tout ce qui arrive a été voulu par lui.

6. Il est la tête de l’Église (18a)

Paul parle de l’Église comme le corps de Christ ailleurs dans la lettre (Col 1.24; 2.19; 3.15). Le commentateur Bruce note que « la conception de l’Église comme corps de Christ nous aide à comprendre comment Paul peut parler des croyants comme étant en Christ, mais également de Christ comme étant en eux. » De son côté, Moo note que « dans le monde ancien, la tête était conçue comme étant le membre qui gouvernait tout le corps, à la fois en le contrôlant et en fournissant le nécessaire à sa vie et son développement […] Contre ceux qui enseignaient que l’expérience spirituelle ultime devait être trouvée en plus du Christ, Paul affirme que Christ est la seule vraie source de vie pour le corps. »

La deuxième partie (18b-20) parle de Christ comme étant l’agent de la rédemption, ou de la nouvelle création. Christ est ici présenté comme le chef de cette nouvelle création, dont font partie tous les croyants (2 Co 5.17).

7. Jésus-Christ est le premier-né d’entre les morts (18b)

Le texte nous dit qu’il est « le commencement » (grec. archē), ici il y a une idée temporelle. Comme au verset 15, l’expression « premier-né » marque surement la prééminence (comme le confirme la fin du verset: « afin d’être en tout le premier »), mais l’idée de priorité temporelle est aussi présente.

Dans l’Ancien Testament, la résurrection d’entre les morts annonce la venue eschatologique du royaume de Dieu (Dn 12.1-2; Ez 37). En 1 Co 15.20, il est les prémices (grec. aparchē), celui qui initie et annonce la résurrection eschatologique (de la fin des temps). Sa résurrection annonce celle de tous ceux qui le suivent (Ac 26.23; Mt 27.52-53).

Cette prééminence affirme aussi que Christ est le maitre de la Création qu’il a créée et qu’il veut réconcilier par la croix.

8. En lui habite toute la plénitude (19)

La plénitude dont il est question est la plénitude de Dieu (voir Col 2.9). On pourrait aussi traduire par « Dieu dans toute sa plénitude a choisi d’habiter en Christ. »
Le théologien Moo explique qu’on peut facilement imaginer, compte tenu du reste de la lettre, « que les faux enseignants à Colosses invitaient les chrétiens à faire l’expérience d’une véritable plénitude en suivant leur philosophie (2.8) et leurs règles (2.16-23); ce à quoi Paul répond: ‘la plénitude que vous recherchez ne se trouve qu’en Christ’. »

Tout ce que nous pouvons connaitre et expérimenter de Dieu est en Christ. Il est suffisant, et rien ni personne ne doit lui être ajouté.

9. Par lui, Dieu réconcilie tout avec lui-même (20a)

L’idée de réconciliation exprime qu’on a perdu la qualité d’une relation. Dans la première partie (15-17), nous avons vu que Christ règne sur tout ce qu’il a créé. Mais quelque part, cette souveraineté a été déréglée, et tout n’est pas soumis au Créateur tel que cela devrait être. Il y a donc un besoin de réconciliation.

Douglas Moo note que dans les autres passages du Nouveau Testament (Ep 2.16; 2 Co 5.18; Rm 5.11), l’idée de réconciliation fait référence à la restauration de la relation entre Dieu et les pécheurs.

Mais la portée de cette réconciliation est cosmique. Comme en Rm 8.18-25, l’efficacité de la rédemption s’étend à toute la création. Les effets du péché sont cosmiques (il a affecté la création en entier et la terre attend aussi sa libération), de même les effets de la rédemption sont cosmiques. Paul ne parle pas ici « d’universalisme » (l’idée que tous les êtres humains seront sauvés), mais de « l’universalité » de la restauration cosmique: toute la création est au bénéfice de la réconciliation en Christ.

Toujours Moo: « par l’œuvre de Christ à la croix, Dieu a ramené toute sa création rebelle sous le règne de sa puissance souveraine. » Christ règne déjà sur tout, même si nous ne le voyons pas encore totalement (Hé 2.8).

10. Par lui, Dieu fait la paix, par le sang de sa croix (20b)

La croix est le centre de la prédication chrétienne. Le message de l’Évangile s’articule autour de la mort et de la résurrection de Christ. Cet évènement historique est le plus important de toute l’histoire de l’humanité.

En Rm 5.1-2 nous lisons: « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ; c’est à lui que nous devons d’avoir eu [par la foi] accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu. »

La paix dont parle Paul dans ces deux passages n’est pas une paix subjective, mais objective. Ce n’est pas une paix que l’on sent, mais que l’on sait. Cette paix est certaine et inébranlable. Elle ne dépend pas de ce que je fais, mais de ce que Christ a fait. Christ a fait la paix par le sang de la croix. Il a payé le prix que je devais payer, et je suis pardonné (voir Col 1.14).

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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