3 choses à ne pas dire à quelqu’un qui souffre

Parfois, nous pourrions être tentés de réagir à la souffrance d’une personne par des platitudes irréfléchies.

Voici trois exemples de paroles offensantes.

1) Ne dites pas: « Ça pourrait être pire. »

Croyez-le ou non, c’est seulement la première moitié d’un horrible commentaire, du genre: « Ça pourrait être pire, imagine que tu te sois cassé les deux jambes! »

Nous avons des façons bizarres de nous encourager les uns les autres.
En effet, tout pourrait être pire et, en ce sens, le commentaire est exact. Mais alors que nous souffrons, un consolateur ajoute encore à cette souffrance en déclarant que ça pourrait être pire. Un tel commentaire est totalement inconsidéré. Dieu lui-même ne dirait ou n’approuverait jamais une telle chose. Dieu ne compare jamais nos souffrances présentes à celles d’un autre ou au pire des scénarios. Jamais.

Même lorsque l’ami en question affirme une telle chose au sujet de sa propre souffrance, cela ne nous donne pas le droit de nous joindre à lui. En revanche, cela pourrait bien être l’occasion de l’avertir.
« Certes, ta souffrance ne semble pas aussi grave que celle de ____, mais Dieu ne compare pas tes souffrances à celles des autres. »
De telles comparaisons pourraient nous empêcher de nous exprimer à cœur ouvert devant le Seigneur concernant cette souffrance. Nous pourrions être tentés de la considérer comme une simple jérémiade, ce qu’elle n’est certainement pas.

Par conséquent, même si les choses pourraient effectivement être pires, il n’est jamais approprié de dire une telle chose ou de laisser les autres l’affirmer à propos de leur situation. Dieu ne se montre jamais indifférent devant nos difficultés et nous ne devrions pas l’être non plus.

2) Gardez-vous de dire: « Qu’est-ce que Dieu veut vous enseigner par tout cela? » ou « Dieu fait concourir toutes choses à votre bien. »

Ces clichés sont bibliques dans le sens où Dieu nous enseigne, en effet, dans notre souffrance et qu’il fait concourir toutes choses à notre bien (Ro 8.28). C. S. Lewis a raison de dire que la souffrance est le mégaphone dont Dieu se sert pour réveiller un monde sourd. Mais des commentaires de ce genre ont blessé beaucoup de gens. Engageons-nous donc à ne jamais y recourir.

Considérons quelques-uns des problèmes que pourrait occasionner ce mauvais usage de certains passages de la Bible:

  • De telles réactions s’éloignent de la compassion véritable. Aurez-vous de la compassion pour quelqu’un qui est en train d’« apprendre une leçon »? Probablement pas.
  • Ces réponses tendent à être condescendantes: «Je me demande quand tu vas enfin comprendre. »
  • Ces réponses indiquent que la souffrance est une énigme qu’il est possible de résoudre. Dieu a quelque chose de précis à l’esprit: à nous de deviner de quoi il s’agit. Bienvenue dans un jeu cosmique à vingt questions… à défaut de trouver la réponse exacte assez rapidement, la souffrance risque fort de s’intensifier.
  • De telles réactions donnent à penser que nous avons agi de manière à déclencher cette souffrance.
  • De telles réactions atténuent l’invitation que Dieu adresse à toute personne qui souffre: « Fais-moi confiance. »

Dans nos efforts visant à aider notre prochain, le risque consiste à surinterpréter la souffrance. Nous cherchons alors des indices pour déchiffrer les voies de Dieu, comme si la souffrance était une chasse au trésor. Arrivez à la fin avec les réponses justes et Dieu supprimera la douleur. En attendant, la quête de réponses est erronée depuis le début et se terminera mal. La souffrance n’est pas une question intellectuelle qui exige une réponse. C’est un sujet très personnel: puis-je faire confiance à Dieu? Est-ce qu’il entend? La souffrance est une question relationnelle. C’est le moment de nous adresser honnêtement à l’Éternel et de nous rappeler que c’est à travers Jésus-Christ, le serviteur souffrant, qu’il donne une pleine révélation de lui-même. C’est seulement quand nous regardons à Christ que nous pouvons savoir que l’amour de Dieu et nos souffrances peuvent coexister.

3) Ne dites pas: « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi, n’importe quand. »

Ce commentaire semble légèrement meilleur que les deux précédents, car il ne s’agit pas tout à fait d’une platitude. Cependant, cette formule aimable et répandue révèle que nous ne connaissons pas vraiment l’autre. Les gens qui souffrent ne savent généralement pas ce qu’ils veulent ou ce dont ils ont besoin. Par conséquent, ils ne nous appelleront pas. Ce commentaire revient donc à affirmer: « J’ai dit quelque chose de gentil, maintenant, à plus tard. » Il ne démontre aucune attention réelle compte tenu des besoins et des circonstances de la personne qui souffre. Elle n’est d’ailleurs pas sans le savoir.

Au lieu d’émettre ce genre de commentaires, nous pourrions lui demander: « Que puis-je faire pour aider? » Ou (mieux), nous pourrions envisager ce qui doit être fait et le faire, tout simplement.

Les amis sages vont acheter de la nourriture pour les chiens, font la vaisselle, apportent un repas, tondent la pelouse, gardent les enfants, font le ménage, offrent du transport pour assister à la réunion du petit groupe, glissent sous la porte une note d’encouragement et encore une autre, aident à régler les factures médicales et ainsi de suite.

De tels actes d’amour et de service rendent la vie plus facile à la personne qui souffre. En fait, un repas n’est pas juste un repas. Un coup de main pour le ménage n’est pas juste un gain de temps. Ces gestes communiquent à la personne qui souffre: « Je me souviens de toi »; « Je pense souvent à toi »; « On ne t’oublie pas »; « Tu es sur mon cœur » ; « Je t’aime ». Le temps consacré à l’élaboration de stratégies créatives est la puissance derrière ces actes. De toute évidence, c’est l’amour incomparable qui reproduit la planification stratégique de la mission rédemptrice du Dieu trinitaire. Il a planifié et a agi avant même que nous connaissions nos réels besoins.

Malgré l’idée claire que nous nous faisons de ce qui nous a aidés dans notre propre souffrance, nous avons du mal à agir de même quand nous cherchons à aimer les autres. Voilà qui explique notre maladresse et nos tentatives parfois blessantes. Nous ne parlons pas toujours aux autres de la façon dont nous aimerions que l’on s’adresse à nous.

Tiré de Côte à côte, pp. 117-120 (reproduit avec autorisation)

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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