Asaph, la clé qui nous permet de supporter « Seven Seconds »

J’ai récemment terminé la première saison de la série Seven Seconds, sur Netflix.

Voilà ce qui m'a permis de la regarder jusqu'au bout.

Peter conduit dans un parc, recouvert par la neige. On comprend qu’il se dirige vers l’hôpital, où sa femme doit accoucher bientôt. Un bruit sourd. Le 4×4 se met à dévier sur la neige avant de s’arrêter. Sous le châssis, les roues d’un vélo tournent encore… On craint le pire. La série s’ouvre sur un contraste sombre: celui qui était en route pour accueillir une vie vient probablement d’en terminer une. Un flic blanc vient de renverser un adolescent noir.

Une série sombre

Seven Seconds est une série sombre, mais réaliste. Elle présente le monde tel qu’il est, surtout tel qu’il ne devrait pas être. Dans ces dix épisodes, la rudesse de l’hiver sert de toile de fond à la noirceur du cœur humain.

La violence

La violence est omniprésente. Chaque personnage porte en lui une part de violence qui semble être le lot de chacun. Policiers, avocats, mais aussi famille de la victime, tous sont autant victimes que coupables de cette violence omniprésente, palpable bien que parfois invisible.
On dirait que l’harmonie à laquelle chacun aspire n’est plus qu’un lointain souvenir. Il y a encore des lueurs, des échos de la beauté de la vie : une naissance par exemple. Mais même cela ne change pas la noirceur du tableau.

Les vies cassées

Le monde est tordu par le péché, et les personnages en sont les preuves vivantes. La jeune avocate, KJ Harper a un sérieux problème d’alcoolisme. « Fish », le flic qui l’aide dans son enquête, est plus proche de ses chiens que de n’importe qui depuis son divorce. Le couple Butler est en crise depuis le départ de leur fils et Seth, l’oncle tout juste revenu de la guerre, est complètement perdu.

L’injustice

Mais ce qui rend la série difficile à supporter (elle est facile à regarder: bon casting, bonne réal, surtout bons acteurs), c’est l’injustice qui s’en dégage. La série, sortie maintenant depuis quelques mois, résonne particulièrement fort dans le climat de tensions raciales et des bavures policières qui secouent les médias outre-Atlantique.
L’injustice est totale. Non seulement la vérité est étouffée, mais encore les institutions qui devraient renverser la discrimination la renforcent. Ceux qui devraient faire respecter la loi la violent. La police normalement garante de la sécurité sème la violence et tord la réalité. Le tribunal qui devrait faire appliquer la loi et garantir la justice se place du côté de l’injustice.

Il n’y a rien de pire que lorsqu’on déclare innocent le coupable. Encore plus lorsque le coupable est sensé protéger les innocents et que le juge est sensé condamner les coupables. C’est le monde l’envers, l’ironie la plus triste. Toute la laideur et la peine du péché.

Comment supporter la série?

À lire ces quelques lignes, on pourrait se demander comment supporter la série. C’est vrai qu’elle est vide d’espoir. Pas d’espoir de rétablissement, ni de signe de rédemption.
Mais vers la fin de la série, Isaiah Butler, le père de l’adolescent tué, affirme à Mike DiAngelo, le chef des flics ripoux:

J’aimerais vous tuer moi-même, mais je ne serais pas meilleur que vous. Mais sachez ceci… vous allez recontrer votre Dieu.

Le cri d’injustice que pousse la famille, et nous derrière notre écran, est le même que le psalmiste:

Jusqu’à quand les méchants, Eternel, jusqu’à quand les méchants vont-ils triompher? Ils fanfaronnent, ils parlent avec arrogance, tous ceux qui commettent l’injustice se vantent. (Ps 94.3–4)

Pourquoi? Parce qu’ils croient que Dieu ne les voit pas (Ps 94.7).
Cette injustice éphémère a conduit Asaph a envier la condition des méchants. Il confesse:

Toutefois, mon pied allait trébucher, mes pas étaient sur le point de glisser, car j’étais jaloux des vantards en voyant le bien-être des méchants: rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, et leur corps prend de l’embonpoint; ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, ils ne sont pas frappés comme le reste des hommes. C’est pourquoi ils se parent de l’orgueil comme d’un collier, la violence les enveloppe comme un manteau. Leurs yeux ressortent dans un visage plein de graisse, les mauvaises pensées de leur cœur débordent. Ils ricanent et parlent méchamment d’opprimer, ils profèrent des discours hautains, leur bouche s’attaque au ciel et leur langue balaie la terre. (Ps 73.2–9)

Ce qui a empêché Asaph d’aller dans le sens des méchants? Il s’est rappelé leur sort (Ps 73.17). Comme Isaiah Butler, son espérance est eschatologique. Il a confiance que Dieu jugera les méchants et que devant Lui, aucune injustice ne passera. En attendant, Asaph se confie en l’Éternel, son rocher (Ps 73.26) et la source de son plaisir (Ps 73.25).

L’injustice disparaitra en même temps que le péché. En attendant, laissons la vengeance à Dieu, qui donnera à chacun selon ce qu’il mérité (Rm 12.19).

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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