Ce que mon grand-père m’a appris au pied d’un arbre

Mon grand-père maternel a toujours été pour moi un exemple de sagesse et de droiture. Mais pour ceux qui l’ont connu avant ma naissance, c’était un homme sévère, si bien qu’on l’appelait « la loi » (un jeu de mot avec son nom de famille).

Une expérience ratée

J’ai passé de nombreuses mes vacances chez mes grands-parents, dans le Médoc. Leur propriété était grande (ma grand-mère y vit toujours) et arborait, en plus d’un potager imposant, un verger composé de pommiers, de noyers et de pruniers, entre autres. Le plus souvent, j’étais affairé dans le garage (qui ressemble à une vraie caverne d’Ali Baba) en train de réparer ma mobylette, mon Solex ou en train de bricoler je-ne-sais-quoi… quand je ne faisais pas un tour de tondeuse (qui ressemblait à un petit tracteur). Leur grande maison et leur hospitalité généreuse faisaient que parfois, j’embarquais un copain avec moi pour les vacances.

Cette fois, j’y étais allé avec Thierry, mon voisin et ami d’enfance. Après avoir déjà confectionné un piège pour les poules — il y avait aussi beaucoup d’animaux — au grand dam de ma grand-mère (il parait que ça stresse les poules et qu’elles ne pondent plus ensuite), nous avions une nouvelle idée.

Le défi? Faire du popcorn. Allumettes, check. Papier d’aluminium, check. Maïs, check (récupéré au poulailler, il était destiné à nourrir les poules, plus sec et plus dur qu’un caillou).

Direction la forêt. Le feu est prêt, les grains sont dans l’alu, qui est sur le feu… mais rien. Enfin, à part du maïs brûlé. Les « pop » tant espérés ne se feront jamais entendre. C’est un échec cuisant.

Au pied de l’arbre

Un peu plus tard, mon grand-père m’appelle pour que je l’aide à redresser un arbre. C’était un jeune arbre, en train de pousser de travers. Il nous fallait donc l’attacher à un tuteur. Ici, le tuteur était un simple piquet, planté suffisamment profond pour ne pas bouger et suffisamment robuste pour garder l’arbre près de lui et l’aider à pousser droit.

Pendant que nous nous affairons, mon grand-père me dit d’une voix calme mais affirmée:

Tu sais Matthieu, je ne veux pas que vous fassiez de feu dans la forêt.

D’abord, qu’il connaisse notre plan m’a étonné. Comment l’a-t-il su? On ne devait pas être si discret que ça après tout. Mais il avait raison. Cette région de France est strictement encadrée en ce qui concerne les feux, surtout l’été.

Je savais qu’il avait raison. Et même si j’étais penaud qu’il me reprenne ainsi, la manière dont il l’a fait me marque encore aujourd’hui. Il n’a pas beaucoup parlé, mais il a dit ce qu’il fallait, comme il fallait. Sa fermeté me rappelait le danger et sa douceur me rappelait qu’il m’aimait. « La loi » était devenu plein de grâce.

Encore une fois, la situation était en soi une parabole. Qui étais-je sinon cet arbre courbé, ayant besoin d’être redressé? Et qui était mon grand-père (il s’appelait André) sinon ce tuteur, ferme et solide, voulant me tenir près de lui pour que je croisse droit? Comme pour ce jeune arbre, j’avais besoin d’être redressé. Mais pas trop fort, pour ne pas que je rompe sous la tension. Avec suffisamment de patience pour que la nouvelle direction soit acquise pour la suite. Avec un tuteur proche, qui me guide et accompagne ma croissance.

Pour nos jeunes arbres dans l’Église

Nos Églises ressemblent à des vergers. Les arbres sont différents: certains produisent beaucoup de fruit, d’autres moins; certains sont jeunes et frêles, d’autres sont comme de solides et beaux chênes… Et il y a dans ces vergers de jeunes arbres qui poussent de travers. La question pour tous, et pas seulement les responsables d’Église, c’est « que se passera-t-il si nous laissons ces arbres tranquilles? » La réponse est simple, ils vont continuer à pousser de travers, jusqu’à ce qu’il soit extrêmement difficile de les redresser.

Nous devons redresser ceux qui poussent de travers. C’est ce que dit Paul aux Galates:

Frères et sœurs, si un homme vient à être surpris en faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le dans un esprit de douceur. Veille sur toi-même, de peur que toi aussi, tu ne sois tenté. (Gal 6.1)

Ne pas redresser, c’est manquer d’amour. Comme ce jour là au pied de cet arbre, je veux redresser avec douceur et fermeté. Si je manque de fermeté, je risque de minimiser le danger. Sans la douceur, je manque d’amour. Moi aussi j’ai été un jeune arbre tordu (je ne suis pas droit aujourd’hui, juste moins tordu).

Nous avons tous besoin d’un tuteur, quelqu’un de solide et droit, qui nous garde près de lui, pour nous aider à pousser droit. Nous sommes aussi tous les tuteurs d’un autre.

Avant tout, dirigeons nos jeunes arbres vers le tuteur parfait. Celui qui est parfaitement droit, parfaitement solide, plein d’une douce fermeté. Celui qui nous tient près de lui pour nous aider à bien grandir: Jésus.

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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