Comment utiliser le podcast « Parle-moi maintenant » dans mon Église?

Quand j'ai appris qu'Éric Waechter (pasteur à Crest et président du Réseau FEF) utilisait le podcast de Dominique Angers "Parle-moi maintenant" dans son Église, je lui ai tout de suite demandé de m'en dire un peu plus.

Voilà ce qu'il m'a dit:

Pour une Église qui fait le choix de rencontres en semaine dans le cadre de groupes de quartier (groupe de croissance, cellule de quartier, etc., selon le vocabulaire utilisé par chacun) se pose la question du contenu et de l’animation de ces moments où l’on essaye généralement de favoriser la convivialité, les échanges interactifs autour d’un texte biblique et un temps de prière.

Trois défis

En apparence, faire vivre ces rencontres hebdomadaires a l’air simple ; le programme coule de source. Mais dans les faits, ces groupes doivent faire face à plusieurs défis. J’en identifie au moins 3.

Le premier consiste à maintenir la dynamique et la vie de ces groupes pendant toute une année. Une course de marathon bien plus qu’un sprint de courte distance. Généralement, ces groupes fonctionnent bien en début d’année scolaire. Chacun est enthousiaste, puis les petites choses de la vie, la grippe, un déplacement professionnel, la fatigue, les fêtes de fin d’année, etc., viennent entamer la motivation. Un groupe de quartier trouve en général son rythme « de croisière » plusieurs mois après son lancement. Sachant qu’il faudra relancer la dynamique au mois de septembre suivant !

Un autre défi est celui de son animation. Un groupe de quartier fonctionne bien s’il existe au sein des membres qui le composent, au moins deux compétences (elles peuvent être cumulées par une seule et même personne) : savoir animer et savoir enseigner. La qualité et le développement d’un groupe sont intimement liés à la présence de ses 2 compétences. Dans les faits, celles-ci imposent la présence de personnes formées à la conduite d’un groupe, capables de créer l’ambiance favorable aux échanges, qui sachent tenir les horaires (rien de pire qu’une réunion en soirée dont on ne connaît jamais l’horaire de fin à l’avance !), empreintes de pédagogie, qui sachent faire face aux questions posées, qui connaissent bien la Bible et … qui aient suffisamment de temps pour préparer en amont ces rencontres !

Le 3e défi consiste à se réinventer constamment dans le choix des livres étudiés, des thèmes abordés. Signalons à cet endroit un modèle qui fait ses preuves et qui répond avec pertinence à ce dernier défi : reprendre en groupe de quartier l’enseignement dominical à l’aide de 3 questions qui visent l’appropriation personnelle du message plus que sa compréhension. Mais il s’agit ici d’une manière de faire parmi d’autres.

Parce que ces 3 défis sont difficiles à relever, bon nombre d’Églises font le choix d’un seul lieu de rencontre en semaine : une réunion à l’Église présidée par le pasteur. Ce faisant, la proximité géographique, l’intimité et la convivialité des petits groupes sont sacrifiés faute de personnes capables d’encadrer cette activité hebdomadaire.

La petite Église rurale que je fréquente n’a pas échappé à ces problématiques mais l’équipe de responsables à laquelle j’appartiens demeure convaincue de l’avantage des petits groupes de maison en semaine.

Alors comment y parvenir lorsqu’on n’a pas suffisamment d’enseignants-animateurs pour chaque groupe ? L’an passé, nous avons testé pendant plusieurs mois l’utilisation des podcasts de Dominique Angers sur l’épître aux Ephésiens. Ce faisant, nous sommes au bénéfice d’un enseignant hors pair qui nous parle depuis le Québec chaque mardi soir !

Concrètement, comment utiliser PMM?

Comment cela fonctionne-t-il en pratique ?

La rencontre de quartier se déroule en 3 étapes de 20 minutes, ce qui impose de manière bienveillante un horaire de début et de fin.

Après un moment d’accueil, petits gâteaux et tisane à l’appui, nous écoutons le podcast de Dominique qui dure en moyenne entre 10 et 12 minutes. Nous avons affaire à un théologien qui, dans un temps donné, nous apporte un enseignement que personne ne serait en mesure de dispenser au sein du groupe. La réflexion est profonde, l’analyse du texte biblique détaillée, le propos concis mais l’ensemble demeure accessible à tous, croyants de longue date, jeunes convertis ou personnes en recherche. C’est notre expérience dans notre groupe de quartier.

A la fin de l’audition du podcast, nous entamons la seconde étape : nous choisissons 3 questions parmi toutes celles proposées par Dominique Angers en complément de son étude. Pendant une vingtaine de minutes, voire plus selon les épisodes, nous échangeons autour de ce que nous venons d’entendre. Le podcast cadre ces échanges puisque les questions posées nous ramènent au texte étudié et expliqué.

Enfin, nous terminons par un dernier moment de prière: prières autour du texte biblique que nous venons de nous approprier mais aussi prières qui expriment ce que chacun vit ou traverse dans sa semaine, et prières sur les défis de notre Eglise locale.

De cette expérience, nous tirons plusieurs leçons.

  1. Le contenu est assuré par le podcast (il est pensé pour être utilisé en groupes), la forme par un membre du groupe qui est le « maître du temps » et s’assure que les règles de base de vie d’un groupe fonctionnent : les bavards ne sont pas livrés à leur penchant naturel et les plus timides sollicités pour leur avis. Seules quelques capacités d’animation sont nécessaires, ce qui se trouve plus facilement que l’expertise d’un enseignant biblique.
  2. Il faut un petit temps d’adaptation à ce format qui utilise un podcast. 4 rencontres sont au moins nécessaires pour que le groupe s’habitue à cette manière de vivre ce temps d’échanges.
  3. Le temps de préparation de la rencontre est avantageusement réduit. Dans notre groupe, l’animateur écoute en général au moins une fois le podcast en amont de la rencontre. Mais ce temps de préparation n’a rien à voir avec le temps que Dominique Angers a passé pour préparer son podcast.
  4. Tous les groupes de quartier gagnent à suivre la même série en même temps, pour que la communauté dans son entier étudie le même livre biblique : il y a des accents communs à toute l’Eglise qui émergent par le biais de ces groupes dispersés. Autre avantage : ce format évite à plusieurs personnes de préparer la même étude ou à une même personne de la dispenser plusieurs fois de suite.

Nous avons, au fil des semaines, observé une réelle motivation des participants : plus de régularité, plus d’intérêts, plus d’échanges et de profondeurs dans les discussions. Un autre effet de ce format qui aide ainsi à maintenir la dynamique dans la durée.

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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