7 conséquences de l’eschatologie dans notre vie chrétienne

Je parle souvent de "vivre Memento Mori", ou de vivre le présent en prenant la fin comme point de départ.

Mais concrètement, qu'est-ce que l'eschatologie change à notre vie quotidienne?

Quand on parle d’eschatologie (des temps de la fin), on a souvent deux types de réactions: ceux qui se régalent parce qu’ils vont encore pouvoir parler de leur sujet favori, et ceux qui ne voient pas trop l’intérêt de parler de choses si étranges et si lointaines.

Mais ces deux postures manquent le vrai sens de l’eschatologie. L’enjeu de l’eschatologie n’est pas d’abord chronologique, mais éthique.

Bien sûr, il ne faut pas nier que l’eschatologie ait une dimension chronologique. Dieu se révèle dans l’histoire en déployant son plan de salut. Paul Wells décrit l’eschatologie comme « une compréhension des actes de Dieu qui fait progresser, de son commencement jusqu’à la fin, l’histoire du salut des hommes, dont l’acteur principal est Christ. » (Dictionnaire de théologie biblique, p. 561). La chronologie est donc importante. Dieu fait les choses dans un certain ordre et l’histoire se dirige vers une fin.

Mais en lisant le Nouveau Testament, on est frappé par l’usage que font les auteurs des vérités eschatologiques. On peut relever deux grands buts:

  1. L’eschatologie nous aide à vivre une vie sainte et servir avec diligence en attendant le retour de Christ.
  2. L’eschatologie nous aide à supporter la persécution et fonder notre espérance dans la gloire à venir.

Je vous propose cette liste (non-exhaustive), de sept conséquences de l’eschatologie dans notre vie chrétienne.

1. Avoir les bonnes priorités

Paul invite les Philippiens à imiter le modèle de ceux qui marchent selon l’Évangile (Ph 3.17), mais à ne pas imiter ceux qui marchent « en ennemis de la croix du Christ » (Ph 3.18). Ces gens-là ont la perdition pour fin, leur ventre pour dieu et « ne pensent qu’aux choses de la terre » (Ph 3.19). Mais Paul explique: « Pour nous, notre cité est dans les cieux; de là nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps humilié, en le rendant semblable à son corps glorieux par le pouvoir efficace qu’il a de s’assujettir toutes choses. » (Ph 3.20-21)

Et il continue en les exhortant: « C’est pourquoi, frères bien-aimés que je désire vivement revoir, ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés! »(Ph 4.1). Demeurer ferme dans le Seigneur, c’est penser à la cité qui nous attend dans les cieux. Tourner les yeux vers le ciel nous aide à mieux vivre sur terre. Notre espérance doit nous pousser à ne pas vivre comme si ce que nous voyons est tout ce qui existe. Notre espérance nous aide à avoir les bonnes priorités.

2. Supporter l’injustice

Paul avait déjà encouragé les chrétiens de Thessalonique en soulignant le modèle qu’ils étaient pour tous les chrétiens de la région (1 Th 1.7): parce qu’ils avaient reçu avec joie la parole, et ce au milieu de beaucoup de tribulations (1 Th 1.6).

Paul les encourage à nouveau, avec pour argument la justice que Dieu rendra:
« Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Églises de Dieu à cause de votre persévérance et de votre foi, dans toutes vos persécutions et les afflictions que vous supportez. Il y a là une preuve du juste jugement de Dieu, afin que vous soyez rendus dignes du royaume de Dieu, pour lequel vous souffrez. Car il est juste selon Dieu de rendre l’affliction à ceux qui vous affligent, et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus se révélera du ciel avec les anges puissants, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour juste châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force quand il viendra pour être, en ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru; or vous avez cru à notre témoignage. » (2 Th 1.4-10)

Le jour où Christ reviendra pour juger la terre, il va s’opérer un grand renversement: ceux qui affligent aujourd’hui seront châtiés, et ceux qui sont affligés aujourd’hui trouveront enfin le repos. Savoir que la justice et la vengeance appartiennent à Dieu nous aide à vaincre le mal par le bien (Rm 12.17-21).

3. Renoncer à l’impiété

La sainteté est la marque du peuple de Dieu. C’est pour être saints que Dieu nous a appelés (Ep 1.4; 1 Pi 1.14-16; 2.9-10). La sainteté est donc enracinée dans notre élection. Mais elle est également motivée par notre glorification. D’ailleurs, remettre en cause le retour de Christ et son jugement était précisément ce qui avait précipité certains dans la débauche (2 Pi 2.1-3). Être saint, dans un sens, c’est vouloir ressembler maintenant à ce que nous serons plus tard.

« D’autant que vous savez en quel temps nous sommes: c’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru. La nuit est avancée, le Jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Marchons honnêtement, comme en plein jour, sans excès de table ni de boisson, sans luxure ni dérèglement, sans discorde ni jalousie. » (Rm 13.11-13)

« La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété, aux désirs de ce monde, et à vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste et pieuse, en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ-Jésus. » (Tite 2.11-13)

« C’est pourquoi, affermissez votre pensée, soyez sobres et ayez une parfaite espérance en la grâce qui vous sera apportée, lors de la révélation de Jésus-Christ. » (1 Pi 1.13)

« Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour-là, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec les œuvres qu’elle renferme, sera consumée.
Puisque tout cela est en voie de dissolution, combien votre conduite et votre piété doivent être saintes! (…) C’est pourquoi, bien-aimés, dans cette attente, efforcez-vous d’être trouvés par lui sans tache et sans défaut dans la paix. »(2 Pi 3.10-11, 14)

4. Savoir que c’est Dieu qui nous fait persévérer

« Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers; que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé sans reproche à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui le fera. »(1 Th 5.23-24)

« Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne, en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour du Christ-Jésus. » (P 1.6)

5. Être patients

« Prenez donc patience, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici que le laboureur attend le précieux fruit de la terre, plein de patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière-saison. Vous aussi prenez patience, affermissez vos cœurs, car l’avènement du Seigneur est proche. » (Ja 5.7-8)

6. Attendre notre délivrance

Paul, dans son chapitre sur l’espérance, nous dit: « nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Car c’est en espérance que nous avons été sauvés. » (Rm 8.23)

7. Accomplir activement la tâche qu’il nous a confié

Dans la parabole des talents (Mt 25.14-30), Jésus raconte l’histoire d’un maître parti en voyage. Avant de partir, il confie ses biens à ses serviteurs. À son retour, longtemps après, le maître demande à chacun de rendre compte de ce qu’il leur a confié. À ceux qui ont fait fructifier les talents, Jésus répond: « Son maître lui dit: Bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup; entre dans la joie de ton maître. » (v. 21, 23). Mais à celui qui a caché le talent, Jésus demande à ce qu’il soit jeté dans les ténèbres du dehors, « où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (v. 30)

Paul conclut son chapitre 15 de la première aux Corinthiens, le chapitre par excellence sur la résurrection, par ces mots: « Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, progressez toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur. »(1 Co 15.58)

Je termine par les paroles de Wayne Grudem:

Dans une certaine mesure, l’ardeur avec laquelle nous aspirons au retour du Christ est un indicateur de notre condition spirituelle.

Théologie Systématique, p. 1213

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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