Deux réalités sur la vie chrétienne que j’ai mieux saisies en utilisant une boussole et une carte dans la forêt

Si on regardait mon historique Youtube, on verrait beaucoup de vidéos de strongman, de barbecue et un peu de bushcraft. J’ai toujours aimé être dans la forêt et petit, je connaissais par cœur celle qui était derrière chez moi. C’était un peu ma deuxième maison.

L’an dernier, j’ai fait une journée découverte « survie » avec mon beau-père. L’occasion de passer un bon moment avec lui, de découvrir quelques techniques, et d’apprendre à (vraiment) utiliser une boussole.

Ce jour-là, nous avons appris à nous diriger avec les azimuts. En gros, l’azimut est ce qui te permet de te diriger. L’azimut désigne « l’angle formé entre une direction et le nord magnétique. Habituellement, il s’agira donc de l’angle formé entre la direction qu’on suit ou qu’on veut suivre, et le nord magnétique, indiqué par l’aiguille de la boussole. » (source: Wikipédia)

Avec une image c’est peut-être plus simple:

source: https://www.latoilescoute.net/se-diriger-avec-une-boussole

Ce jour-là, avec cette boussole et cette carte, j’ai mieux saisi deux leçons fondamentales pour notre vie chrétienne.

1. En déviant de quelques degrés, on finit loin de notre destination.

On l’observe facilement sur une carte: plus un angle est ouvert, plus on s’éloigne de la direction souhaitée. Ainsi, un simple écart de quelques degrés peut rapidement nous éloigner de notre destination. Pire encore, plus on avance, et plus on s’éloigne, et plus revenir dans le droit chemin sera long et difficile.

L’expérience topographique fait écho à la réalité spirituelle. Il suffit de peu pour s’écarter du chemin et se retrouver à marcher sur celui des pécheurs (Ps 1.1). Je parle d’expérience. Un petit éloignement au début finit par devenir une errance. Au début, la différence est presque invisible. On a l’impression d’avancer dans la bonne direction. Mais au fur et à mesure, l’écart entre notre direction et notre destination devient visible.

2. Il faut nous arrêter régulièrement pour nous assurer que nous allons dans la bonne direction, prendre des repères, et avancer une étape après l’autre.

Plus notre destination est lointaine, et plus il est vital de s’arrêter régulièrement pour faire le point. En effet, plus le but est loin, et plus il est facile de s’éloigner du bon cap. Il faut alors s’arrêter, reprendre la carte et la boussole, et s’assurer que nous avançons selon le bon azimut.

Dans le cas d’une randonnée, il nous faut prendre des repères visuels. Je vise la bonne direction, et j’établis mon premier repère. Une fois arrivé à ce repère, je recommence: je vise, j’établis un repère, et j’avance (on appelle ça faire « une visée »). En faisant régulièrement des pauses, je m’assure que j’avance dans la bonne direction, et que je ne suis pas en train de dévier de mon but.

Il en est de même dans la vie chrétienne. Ne jamais s’arrêter pour faire le point, c’est risquer d’avancer en déviant de notre trajectoire. Nous avons besoin de faire le point régulièrement , et de mesurer l’avancée de notre engagement.

→ Pour faire le point découvrez l’outil « Face à Dieu »

Quelques leçons

Veillons sur notre cap

Comme avec le pot de confiture, cette petite expérience m’a interpellé. Je dois veiller sur mon cap. Dans un monde qui s’affaire et court comme un poulet sans tête, on a vite fait d’oublier où nous allons. Nos journées sont bien remplies et s’enchainent sans que nous ne prenions le temps de nous arrêter et de lever les yeux. Il nous faut planifier des étapes. À chacun de trouver le rythme qui est le plus sage pour lui, mais personne ne peut avancer indéfiniment sans faire le point.

Veillons sur le cap des autres

Ce jour-là, nous étions deux à lire la carte et à utiliser la boussole. De même, dans notre vie chrétienne, nous n’avançons pas seuls. Nous faisons partie d’un corps, qui avance dans la même direction, en utilisant les mêmes moyens. Dieu a placé à nos côtés des frères et sœurs qui veillent sur nous et nous a placé à leur côté pour veiller sur eux (1 Th 5.14; Gal 6.1). Ainsi, chacun est responsable de son prochain. Personne ne devrait pouvoir s’éloigner trop longtemps sans que quelqu’un ne le remarque.

→ Sur ce sujet, lisez « Ce que mon grand-père m’a appris au pied d’un arbre »

Il n’est jamais trop tard pour revenir sur le chemin

Il faut le rappeler souvent: il n’est jamais trop tard pour revenir sur le bon chemin. Aucun de nos écarts n’est trop grave ou trop long pour Dieu. Il est le Dieu de grâce qui ne se lasse pas de pardonner et se plait à accueillir le pécheur qui revient à lui (Lc 15.11-32).

Nos Églises devraient être marquées par une culture de la grâce dans lesquelles il est facile de se repentir et de repartir dans la bonne direction. Nous devrions, comme dans nos vies personnelles, avoir des étapes régulières dans la vie de notre assemblée. Arrêtons-nous ensemble pour regarder ceux qui sont en train de s’éloigner et donnons-leur l’occasion et les moyens de revenir dans le sillage. Avec la grâce et la clarté d’un chemin éclairé par la Parole et conduit par le Souverain berger.

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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