Est-ce que tu ressembles à un donut?

Non, ce n’est pas un article sur les dangers de la mal bouffe. David Powlison était invité au séminaire E21, pour le lancement de son cours de « counseling biblique » en français. Dans une de ses interventions, David Powlison a employé une image que j’ai particulièrement retenue.

Il a parlé d’un donut.

L’homme n’est pas un donut

Dis ainsi, l’image n’est pas très parlante. Dans son intervention, Powlison parlait de la manière dont nous pouvons comprendre l’être humain de manière biblique. Quand nous comprenons comment l’autre fonctionne, nous pouvons mieux l’aider.

C’est à ce moment-là que Powlison a mis en contraste deux visions de l’homme. Le monde voit l’homme comme un donut, explique-t-il. Le centre est vide, on ne prend pas en compte la question de l’âme, la partie spirituelle. La vision matérialiste et humaniste réduit l’homme à son corps (le rond du donut), façonné par les expériences sociales.

D’un autre côté, une vision spiritualiste mettrait l’accent sur l’intérieur de l’homme, sur le centre. L’homme serait d’abord et surtout un être spirituel et ce qui compte est son âme.

La première vision de l’homme met l’accent sur le corps au détriment du reste, c’est une vision matérialiste. La seconde vision de l’homme met l’accent sur l’esprit au détriment du corps, c’est une sorte de spiritualisme.

En fait, les deux visions posent problème. Les deux prônent un dualisme, qui renie soit le spirituel, soit le matériel. L’homme est corps et esprit (sur la question dichotomie/trichotomie, voir cet article d’Henri Blocher).
Avec la Bible, nous pouvons affirmer une certaine dualité en l’homme. La Bible parle des dimensions « extérieure et intérieure » de l’homme en les distinguant, mais jamais en les séparant. Mais dualité n’est pas dualisme. L’homme est un tout, matériel et spirituel.

Es-tu un « dualiste pratique »?

Parfois, nos actes disent le contraire de ce qu’on affirme. J’affirme l’unité de l’homme et pourtant, cette année, j’ai parfois fonctionné en dualiste pratique. Comme si mon corps n’était qu’un moyen de faire fonctionner mon esprit. Même plus, je vis et j’organisme mes semaines comme si j’étais infini, en ne prenant pas compte de mes limites.

Dans son livre Reset, David Murray explique:

L’interconnectivité entre le physique et le spirituel signifie que la santé du corps affecte la santé de l’âme et vice-versa et il n’est pas simple de démêler la contribution de chacun à nos problèmes! (p. 41)

Nous sommes des créatures complexes. Parfois, nous faisons des séparations qui sont contraires à la Bible. Nous devons prendre soin de notre esprit et de notre corps. Traiter son corps durement n’est pas le traiter pauvrement. S’il faut être intransigeant en rapport au péché, il faut être sage quant au repos et à l’exercice.

Les implications pastorales

Savoir cela nous aide également dans notre marche communautaire avec Dieu. Nous voulons être attentifs à la manière dont les troubles physiques ont des répercussions sur la santé spirituelle de nos frères et sœurs et vice-versa. Par exemple, il faut prendre en compte que la souffrance physique est souvent un terrain favorable au péché.

Dans son livre « Côte à côte », Ed Welch (qui fait aussi partie du CCEF avec David Powlison) dit:

Plusieurs comportements que nous appelons des dépendances commencent dans le désert, au moment où la vie semble trop dure. La vie est certes difficile et nous préférons éviter la souffrance. Par conséquent, si Dieu ne nous donne pas la délivrance que nous souhaitons, nous cherchons du secours auprès des idoles. (p. 161)

ou comme il le résume bien:

La souffrance exhale le vieux parfum de la rébellion. (p. 142)

Ce que nous vivons dans notre chair influe ce que nous vivons dans notre âme. Nous parlons de souffrances, mais nous pouvons aussi parler de repos. Celui qui ne dort pas assez et prive son corps de ce dont il a besoin doit s’attendre à ce que sa piété soit aussi impactée par les conséquences d’un manque de sommeil.

Rappelons-nous que nous sommes des créatures complexes. Dans nos rapports les uns avec les autres, pensons à cela. Soyons attentifs aux dangers et à la tentation provoquées par la souffrance ou la faiblesse. Ensemble nous voulons veiller les uns sur les autres. Peut-être un frère a besoin qu’on lui rappelle qu’il n’est pas infini et qu’il a besoin de repos. Peut-être une sœur doit être rassurée, il est normal d’être tenté quand nous souffrons.

À chacun, et à nous en premier, rappelons la nécessité et la suffisance de l’Évangile, dans tous les aspects et toutes les saisons de notre vie.

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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