Le point commun entre une cicatrice, une engelure et une conscience flétrie

1 Timothée 4.2 évoque « l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience ». Il ne s’agit pas simplement d’avoir une mauvaise conscience ; une conscience flétrie a été immunisée, afin qu’elle ne ressente plus rien.

À ce stade, nous avons ignoré notre conscience trop souvent, et elle ne fonctionne plus correctement.

C’est un peu comme une cicatrice. J’en ai une sur mon coude qui remonte au temps où j’étais moniteur dans un camp. Nous jouions souvent à « capturer le drapeau ». Peu m’importait le jeune âge des participants, je voulais quand même m’emparer de leur drapeau. Je courais vers leur côté du terrain, trouvais leur drapeau, et revenais à toute vitesse. Je prenais le jeu très au sérieux, tout comme les autres garçons. À un moment donné, j’étais en train de revenir en courant vers mon côté du terrain lorsqu’un des participants a essayé de m’attraper par-derrière. Il a réussi à arracher un bout de chair de mon coude, et le sang coulait le long de mon bras. Quel héros j’étais: je continuais à jouer malgré ma grave blessure! J’ai toujours la marque de mon héroïsme! Aujourd’hui, cet endroit sur mon coude n’est plus qu’une cicatrice. On peut mettre le doigt dessus, le gratter ; je ne sentirai rien.

Une autre belle analogie est celle des engelures dues au froid. Au Michigan, nous avons beaucoup de neige en hiver. Il peut faire terriblement froid pendant des semaines et des semaines, et il est important de bien se couvrir de la tête aux pieds. Si on sort sans gants, les mains deviennent froides et commencent à faire mal. Ce n’est pas un bon signe. Mais ce qui est pire, c’est lorsqu’elles arrêtent de faire mal. Si on reste dehors trop longtemps, la douleur commence à s’estomper ; c’est à ce moment-là qu’on est en danger, parce que les engelures surviennent lorsque les terminaisons nerveuses commencent à s’endommager. Si on reste trop longtemps dans le froid, on s’expose à des lésions permanentes, et même à la perte de ses doigts.

Il se passe la même chose dans la vie chrétienne. Nous pouvons être atteints d’engelures spirituelles.

Lorsque nous faisons quelque chose que nous savons pertinemment être mal, nous ressentons un inconfort dans notre conscience. Nous ressentons une douleur dans nos extrémités comme lorsque nous sommes dehors dans le froid. Pourtant, si nous persistons dans notre folie, il arrivera un moment où adopter ce comportement ne nous mettra pas si mal à l’aise. Nous ne le considérerons plus comme quelque chose de mauvais. Les choses mauvaises ne nous sembleront plus si mauvaises, finalement ; c’est précisément à cet instant que nous serons en grand danger spirituel.

C’est là le danger d’avoir la conscience flétrie.

Tiré de Kevin DeYoung, La joie d’une conscience pure, pp. 28-30

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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