Livre: Côte à côte

Le sujet de « Côte à côte » est à la fois simple et ambitieux: montrer pourquoi et comment chacun est appelé à prendre un rôle dans l’accompagnement des frères et sœurs de l’Église.

Je suis toujours à l’affût d’outils qui me permettront d’aider les personnes de mon assemblée à porter les fardeaux les uns des autres (Ga 6.2) et à s’édifier dans l’amour (Ep 4.16).

Le contenu

Ed Welch est conseiller et enseignant de la Christian Counseling & Educational Foundation (CCEF dirigé par David Powlison). Il ouvre son livre par les lignes suivantes:

En cheminant ensemble, nous découvrirons que Dieu se plait à utiliser des gens ordinaires, des conversations banales et un amour extraordinaire et empreint de sagesse pour accomplir l’essentiel de l’œuvre dans son royaume. Fondamentalement, les gens les plus efficaces dans ce domaine sont ceux qui, simultanément, ont besoin d’aide et en offrent aux autres. Une collectivité sera saine si les individus qui la composent se comportent ainsi. (p. 11)

En quelques mots, Welch résume son propos: nous avons tous besoin les uns des autres et sommes tous appelés à cheminer ensemble dans la sagesse et l’amour. Il balaye l’idée que l’aide spirituelle n’est réservée qu’à des spécialistes ou à une élite. Il finit son introduction en répondant à une objection qu’on pourrait soulever:

Si vous vous sentez plutôt impuissant et ordinaire, ou si vous avez l’impression d’être incompétent, mais si vous êtes rempli de l’Esprit Saint, vous êtes qualifiés pour la tâche. Vous comptez parmi les individus ordinaires que Dieu utilise pour aider les autres. (p. 13)

Nous avons tous besoin d’aide

La première partie du livre décrit une double vérité: nous avons tous des besoins et reconnaitre cela fera de nous de meilleures aides. Reconnaitre notre besoin d’aide, c’est reconnaitre notre état d’indigence. Nous avons besoin de Dieu et besoin des autres.
Le premier constat, c’est que le monde déchu entraine des souffrances, dans tous les domaines de la vie. La vie est dure. Les difficultés sont malheureusement normales sous le soleil. Ensuite, nos réactions face aux circonstances expriment ce qu’il y a au fond de notre cœur. Nos réactions émotionnelles ont une dimension et une origine spirituelles. L’un va avec l’autre. Aussi, l’état de notre cœur révèle notre péché: « La souffrance dévoile le péché de nos cœurs comme peu de choses sont à même de le faire. » De fait, les évènements difficiles devraient orienter nos yeux et nos cœurs vers notre Père céleste.

Ainsi, demander pardon et demander le secours de Dieu vont souvent de pair. C’est aussi l’occasion de demander de l’aide aux autres.

On a besoin de nous

Ed Welch commence par le principal: nous avons l’Esprit! C’est vrai que souvent, nos aveux de faiblesse ne prennent pas en compte le don que Dieu nous a tous fait, son Esprit. C’est lui qui nous équipe pour les tâches que Dieu nous confie. Ensuite, l’auteur souligne le fait que la plupart des gens qui en ont besoin ne demandent pas d’aide. À nous/chacun d’aller vers les autres. Cela commence par des discussions cordiales, et permet rapidement de connaitre suffisamment les autres pour commencer à prier pour eux, « la plus simple et la meilleure expression de l’aide que nous pouvons apporter. » En apprenant à connaitre l’autre, notre amour et notre compassion grandiront, et notre aide se fera plus précise et plus naturelle.
Avec les discussions viendront les sujets de prière et avec la souffrance viendront les péchés, qu’il nous faudra dénoncer. Welch explique pourquoi:

En d’autres termes, quand le péché devient un sujet tabou, nous ne pouvons plus prétexter que nous sommes des gens polis qui évitent simplement de se mêler des affaires des autres. Nous sommes plutôt des pharisiens qui, au cours d’une promenade, évitent tout contact visuel avec le mourant sur lequel ils manquent de trébucher. Nous négligeons des questions de vie et de mort. (p. 150)

Bien sûr, cela exige une relation d’amour, pleine d’humilité et de patience.

Ce que j’ai aimé

J’ai aimé ce livre et j’aurais envie que tous les chrétiens de mon Église puissent le lire. Trois aspects en particulier m’ont plu.

Christocentrique

L’Évangile transpire de ce livre. Ce n’est pas une liste de choses à faire, de comportements à changer ou de conseils à l’emporte-pièce. Le livre parle de la grâce comme moteur et combustible de notre entraide.
Le péché est clairement présenté comme le problème de l’homme et la grâce en Christ comme la seule solution. Mais l’auteur ne présente pas une approche biblique froide, toute la complexité de l’être humain est prise en compte, et les nuances ne manquent pas.

Pratique

L’auteur a su trouver un équilibre qui maintient le livre entre deux extrêmes: un livre pratique mais plutôt pragmatique ou un livre biblique mais éthéré. Le livre reste simple sans être simpliste, et c’est ce qui fait sa force. Les conseils sont à la fois profondément simples et résolument bibliques. Les chapitres sont remplis d’exemples et de situations pour nous aider à mieux comprendre les conseils. Aussi, chaque chapitre se ferme sur des questions de réflexions et d’applications.

Communautaire

Malheureusement, on a confiné la « relation d’aide » à des spécialistes. Mais Dieu nous a placés les uns avec les autres pour prendre soin les uns des autres. Ce livre nous encourage et nous place devant nos responsabilités : nous sommes parfaitement équipés pour accompagner les frères et sœurs.

Je prie que ce livre puisse encourager de nombreux frères et sœurs à prendre confiance en eux, pour que l’on puisse « cheminer ensemble dans la sagesse et l’amour. »

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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  • Micaël Gelin

    Super ! Je béni Dieu pour ta recension. Je l’ai aussi commencé ces dernières semaines; très encourageant pour mettre en pratique l’Évangile et le vivre avec les autres.

    • Hey Mic! Il m’a vraiment encouragé aussi, j’aimerais qu’on le lise dans nos groupes de maison 🙂