La mortification du péché, de John Owen

Ça fait longtemps que je voulais lire ce classique de John Owen, La mortification du péché. Je n’ai pas été déçu.

Le contenu

Dans son introduction, John Owen donne deux raisons pour lesquelles il a écrit ce livre: 1) À cause de la situation actuelle (1656) des chrétiens qui ont du mal à gérer les tentations et 2) à causes des erreurs concernant la mortification: légalisme, superstition…

On peut dire que la situation n’a malheureusement guère changée depuis 350 ans. La mortification (faire mourir le péché) est toujours un combat pour les chrétiens, et bien souvent, nous nous appuyons sur nos propres forces plutôt que sur la grâce de Dieu.
Le petit livre (150 pages) est découpé en 14 chapitres qui sont eux-mêmes découpés en plusieurs parties.

Mon avis sur le livre

J’ai vraiment aimé ce livre, pour plusieurs raisons:
D’abord, il est facile à lire. On m’avait mis en garde contre l’anglais d’Owen, réputé très difficile. Mais le traducteur et l’éditeur ont fait un bon boulot, le livre se lit facilement. De plus, le découpage d’Owen en nombreuses sous-parties rend bien le fil de la pensée et permet de méditer le livre, paragraphe par paragraphe.

Ensuite, la pensée systématique de l’auteur souligne la profondeur de son analyse. Owen ne s’arrête pas à la surface. Il va plonger nos regards dans les profondeurs de l’âme humaine et pose un diagnostique qui s’intéresse aux causes plutôt qu’aux symptômes.

Aussi Owen montre avec gravité l’horreur du péché et avec brio la beauté de l’Évangile de la grâce de Dieu. Pas de légalisme et rien d’autre que l’Évangile pour vaincre le péché. Cette démonstration de la puissance de la croix sur le péché a rendu à mes yeux encore plus belle l’œuvre de Jésus et encore plus grand mon besoin de dépendre de son Esprit.

Enfin, la plume d’Owen montre à la fois sa rigueur de théologien et son cœur de pasteur. S’il connait si bien la noirceur du cœur de l’homme, c’est que « l’indigne auteur de ce traité » est conscient de son propre besoin de la grâce de Dieu. On sent, à la lecture du livre, qu’il a été écrit pour servir l’Église à toujours plus glorifier Christ par notre sainteté.

Qui devrait lire La mortification du péché?

Le thème touche tous les chrétiens. Tous sont appelés à faire mourir leur péché et à grandir en sainteté. Dans une société où le christianisme est accepté, le plus grand danger n’est pas la persécution, mais la séduction et la compromission. L’Église doit alors veiller tout particulièrement à sa sainteté et à son témoignage. Et l’ouvrage d’Owen résonne avec autant de force aujourd’hui.

Plus particulièrement, les chrétiens qui luttent avec un péché en particulier. La lecture de ce livre sera comme un examen en profondeur et servira de compagnon à celui qui veut mortifier son péché. L’insistance avec laquelle Owen appuie la tout suffisance du sacrifice de Christ et la puissance de son Esprit dans la vie du croyant le gardera d’une mortification stérile et légaliste.

Quelques citations

Il faut que vous soyez continuellement occupé à tuer le péché, sinon c’est lui qui vous tuera. (p. 15)

N’imaginez pas que vous allez progresser dans la sainteté si vous ne foulez pas aux pieds vos convoitises. Si vous ne tuez pas le péché au fur et à mesure que vous cheminez, vous n’irez pas bien loin spirituellement. (p. 21)

Aucun effort humain ne peut faire mourir le péché! Seule une énergie toute-puissante peut accomplir ce travail: la puissance du Saint-Esprit!

Soyons donc lucides et vigilants: n’imaginons pas avoir mortifié un péché parce que nous ne le pratiquons plus. Regardons plutôt s’il ne se manifeste pas sous une autre forme. (p. 42)

Pour progresser dans une vie sainte, il faut sentir sa propre corruption. (p. 49)

Si nous haïssons le péché en tant que péché, nous devrions être attentifs à tout ce qui attriste l’Esprit de Dieu et pas seulement à ce qui nous attriste, nous! (p. 65)

Le sang de Christ est l’unique remède pour les âmes malades du péché. (p.133)

Seul l’Esprit peut conduire une âme à une véritable conviction de péché. (p. 145)

Pour conclure, je partage le désir d’Owen:

Mon désir envers Dieu et mon but principal, étant donné les circonstances où la bienveillante providence de Dieu m’a placé, est que la mortification et la sainteté soient mises en œuvre dans tous les domaines de ma vie et dans mon cœur, et dans la vie et le cœur des autres croyants, à la plus grande gloire de Dieu, et qu’ainsi, l’Évangile de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ soit honoré en toutes choses! (p. 9)

PS: Les éditions Impact mettent généreusement à disposition le téléchargement des deux premiers chapitres du livres en PDF.

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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  • Philippe GEFFE

    Je viens aussi de terminer ce livre. Bizarrement, alors même que le livre est court, Owen nous noie dans un plan surchargé de parties et sous-parties. Son exposé s’apparente à une somme exhaustive et systématique (presque mathématique) sur son sujet : il donne l’impression qu’il veut épuiser toutes les facettes du thème au risque d’assommer un peu le lecteur. Tout en reconnaissant que le sujet de la mortification du péché est difficile à cerner, car il tient à la fois de la part de l’homme et de la grâce de Dieu, je trouve qu’Owen dans les 2/3 du livre, alors même qu’il dénonce l’impossibilité de lutter contre la chair par la force de la chair, ne nous propose pas autre chose que des recommandations qui engage la volonté de l’homme. Or si la « volonté est bien disposée, la chair est faible ». Owen du coup est un peu décourageant. Je préfère l’approche de Watchman Nee sur le même thème tel qu’il l’aborde dans « La vie chrétienne normale ».
    Cette lecture demeure édifiante et engageante. Comme le souligne l’auteur de cet article, Owen nous rappelle la gravité du péché et la Sainteté de Dieu. Comme souvent, les auteurs anciens nous témoigne par leur engagement sans compromission et leur rectitude morale, combien notre époque a amoindri la gravité du péché.

    • Hello @jadecrea:disqus c’est vrai que ce découpage peut être un peu lourd et « couper » le rythme de la lecture. C’est peut-être parce que je suis blogueur que j’ai accroché avec cette manière d’écrire 😉