Une manière étonnante d’exprimer de la compassion

En relisant l'Évangile de Marc, je suis tombé sur un verset sur lequel je ne m'étais jamais arrêté et qui m'a particulièrement surpris.

Ce verset a eu un double effet sur moi: il m'a conforté et il m'a remis en question.

La foule accourt (Marc 6.7-13, 30-33)

Jésus parcourait les villages en enseignant et commença à envoyer les douze deux par deux, pour annoncer la bonne nouvelle du royaume de Dieu, en leur donnant le pouvoir sur les esprits impurs (Mc 6.7). Ils allaient et prêchaient la repentance (Mc 6.12), chassaient des démons et guérissaient beaucoup de malades (Mc 6.13).

Les apôtres avaient du succès et racontaient ce qu’ils avaient fait et enseigné (Mc 6.30). Mais Jésus savait qu’ils n’avaient même pas le temps de manger, il leur proposa donc d’aller se reposer dans un lieu désert (Mc 6.31).

Mais leur réputation les précédait et bientôt, beaucoup de gens accoururent et les précédèrent (Mc 6.32-33).

Comme des brebis sans berger

En sortant de la barque, « Jésus vit la foule et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger. »

À l’époque, cette phrase devait interpeller ceux qui l’entendaient. Cette expression désignait le peuple qui n’avait pas de dirigeant, un peuple perdu (Nb 27.16-17; 1 R 22.17). L’Ancien Testament annonce que c’est Dieu lui-même qui sera le berger de ces brebis égarées (Es 40.11; Ez 34.8-12). Le Nouveau Testament montre comment Jésus est ce bon berger, celui qui donne sa vie pour ses brebis (Jn 10.11; Hé 13.20), celui qui accomplit les promesses de l’Ancien Testament (1 Pi 2.25).

Retour sur le texte. Jésus sort de la barque, voit cette foule qui les attend et fut ému de compassion. Et que fit-il ensuite? Le texte dit: « et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. » (Mc 6.34) La Colombe et la Semeur rendent « et il se mit à les enseigner longuement. »

Jésus est ému de compassion pour la foule et, en réponse, se met à les enseigner!

L’enseignement est une marque d’amour

J’avais déjà dit que la doctrine était une marque d’amour et qu’elle nous aidait à vraiment comprendre l’amour. Mais ici, Marc dessine un lien direct entre la compassion de Jésus et son enseignement. Comme marque de sa grande compassion, Jésus les enseigne longuement. Pour ceux qui en doutaient encore, l’enseignement n’est pas contraire à l’amour. Mieux, l’enseignement est une marque d’amour.

L’amour dans mon enseignement

Ce passage m’a aussi repris. Dans mon ministère d’enseignant, est-ce que mon enseignement est une marque de mon amour pour les gens? Dans quelle mesure ce que je leur enseigne témoigne de ma compassion pour le troupeau que Dieu m’a confié? Bien sûr, devant mon assemblée, je suis devant des brebis qui ont trouvé LE berger (ou qui n’en sont pas loin). Mais je partage la compassion du berger envers ces brebis et mon but est de les rapprocher le plus près possible du bon berger.

En somme, nous ne devrions pas avoir peur de trop enseigner, pourvu que nous enseignions la saine doctrine. Mais que notre enseignement soit la marque de notre compassion, qui reflète celle que le souverain berger a pour ses brebis.

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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  • Très bonne méditation Matt! Merci pour ce billet.

  • bibletude .org

    Si cela vous intéresse, nous venons de traduire Marc : http://nouveau-testament.blogspot.com/p/marc.html

  • Fred Mellon

    Et il y a même un petit écho en 10.1 qui montre que c’était une habitude pour Jésus : Les foules s’assemblèrent de nouveau près de lui, et selon sa coutume, une fois de plus il les enseignait.