Pardonnons à nos frères: 10 pistes pratiques (3/3)

Troisième et dernier article de notre série sur le pardon d’après la parabole de la dette (Mt 18.21-35). Avant-hier, nous avons dégager du texte 2 motivations pour pardonner, hier, nous avions dégagé 5 principes et aujourd’hui, nous listons 10 pistes pratiques pour nous aider à mettre en pratique l’enseignement de Jésus de pardonner nos frères et sœurs sans compter.

 

1. Souvenons-nous que c’est notre responsabilité d’aller vers l’autre.

Si nous avons péché contre un frère, nous devons aller lui demander pardon et si un frère a péché contre nous, nous devons aller le voir pour lui proposer notre pardon. N’évitons pas notre frère ou notre sœur, cela ne résoudrait rien. Éviter de confronter un frère qui a péché, c’est cautionner son péché.

 

2. Souvenons-nous que notre but est de gagner notre frère

Toute démarche doit être motivée pour le bien de l’autre. Aller voir notre frère, c’est lui donner l’occasion de reconnaitre son péché, de demander pardon à Dieu et de nous demander pardon.

Si nous sommes dans un conflit, celui qui nous a offensé sera généralement au courant qu’il a péché contre nous. Mais il peut arriver qu’un frère nous cause du tort et ne s’en rende pas compte. Nous devons donc aller le voir et l’informer qu’il a péché. Notre but, c’est (1) qu’il reconnaisse son péché, (2) se repente devant Dieu et (3) nous demande pardon. Mais ça ne servirait à rien d’aller voir quelqu’un et de juste lui dire: « Je te pardonne » si l’autre ne sait même pas de quoi il s’agit.

 

3. Souvenons-nous que le but est la restauration de la relation

Le pardon que l’on accorde ne vise pas juste à « absoudre » celui qui a commis l’offense, mais le pardon vise à rétablir la relation que l’offense avait rompue.

Pardonner, ce n’est pas prendre l’offenseur de haut pour l’humilier et se venger. C’est lui remettre sa dette pour reprendre la relation avec lui.

Jacques Buchold, Le pardon et l'oubli

 

4. Quand nous allons vers un frère, nous devons désirer lui pardonner

Nous n’allons pas vers un frère pour nous débarrasser d’une affaire, juste pour désamorcer une relation tendue. Notre pardon n’est pas une fuite d’une situation difficile. Pardonner, c’est voir la réalité de l’offense en face.

[Tweet « Pardonner, c’est voir la réalité de l’offense en face »]

Le pardon ne doit pas chercher notre intérêt mais celui de l’autre. Si nous pardonnons, ce n’est pas une espèce d’auto-thérapie, c’est que l’on remet la dette à celui qui nous a causé du tort. On devrait toujours se demander pourquoi on va voir notre frère: pour réellement lui pardonner ou pour lui déverser toute notre colère?

 

5. Parfois, il vaut mieux attendre que notre colère s’apaise

Il est normal d’être en colère quand on nous fait du mal. C’est une réaction normale au péché. Si nous allons vers un frère en pensant à tout le mal qu’il nous a fait, il y a fort à parier que nous allons lui dresser une liste de griefs et lui étaler tous ses torts. Nous devrions être plus concentrés sur le pardon que sur les offenses.

 

6. Demandons à Dieu de nous aider à pardonner

Prions pour que Dieu nous donne la force de pardonner. Mais ne soyons pas passifs: il est facile de repenser à une personne qui nous a offensé, de retourner l’affaire dans tous les sens et de dire « C’est trop dur, je ne peux pas pardonner ». Que notre prière s’accompagne d’actions concrètes.

 

7. Ne rappelons pas des fautes si elles sont pardonnées

Lorsque nous pardonnons, nous déclarons que l’offenseur ne porte plus sur lui la faute. Quand nous avons pardonné à quelqu’un, ses fautes n’affectent plus notre manière de la considérer, parce qu’en le pardonnant, nous les avons jeté au fond de l’océan. Si nous rappelons des fautes, c’est que nous ne les avons pas réellement pardonnées.

Le pardon n’est pas une espèce d’amnésie naïve, mais c’est un oubli volontaire, c’est décider que l’offense n’affecte plus notre relation fraternelle.

 

8. Pardonner nous coûte

Pardonner n’est pas facile. C’est une espèce de sacrifice. On renonce à rendre le mal pour le mal, en répondant au mal par le bien. Si on attend que pardonner soit une chose facile, on pourra toujours attendre. C’est difficile parce que l’offense nous blesse.

[Tweet « Si on attend que pardonner soit une chose facile, on pourra toujours attendre… »]

 

9. Demandons-nous quelle est notre part de responsabilité dans le conflit

Comme nous sommes tous pécheurs, il est rare que nous n’ayons aucune responsabilité dans un conflit. Parfois le conflit n’est qu’une offense, mais notre manière de réagir nous fait pécher et transforme l’offensé en offenseur. Nous sommes alors deux à devoir demander pardon et deux à devoir l’accorder.

 

10. Quand quelqu’un pèche contre nous, rappelons-nous que nous avons péché contre Dieu

Dans la parabole, le serviteur étant à la fois offenseur et offensé. Il avait une dette envers Dieu et un frère avait une dette envers lui. De la même manière, nous ne serons jamais dans une position de victime absolue. Nous sommes avant tout des pécheurs coupables. Le besoin de grâce des autres devrait nous rappeler notre propre besoin de grâce.

Pardonner un frère, c’est reconnaitre que nous sommes au bénéfice du pardon de Dieu. Mais refuser de pardonner un frère, c’est déclarer que nous n’avons pas besoin du pardon de Dieu.

[Tweet « nous ne serons jamais dans une position de victime absolue. »]

 

BONUS: 11. Souvenons-nous que nous passerons l’éternité avec nos frères et sœurs

Nous pouvons toujours esquiver un frère ou une sœur dans l’Église. Mais souvenons-nous que nous passerons l’éternité avec lui/elle. Réglons ici et maintenant les différents qui brisent notre communion pour goûter ici-bas un avant-goût de ce que nous vivrons ensemble dans l’éternité.

Conclusion

Ces 3 articles nous permettent de dégager 2 pistes:

  1. Adoration: Nous pouvons adorer Dieu pour le pardon qu’il nous a accordé en Jésus-Christ. Cette étude nous a permis de nous rappeler que notre dette est immense mais que la grâce de Dieu est encore plus grande. Louons Dieu pour son amour et sa miséricorde!
  2. Repentance: Nous avons vu que nous sommes oublieux et que, à l’image du serviteur méchant de la parabole, nous ne pardonnons pas les offenses de nos frères alors que Dieu a pardonné les nôtres. Nous avons vu notre hypocrisie et notre méchanceté. Repentons-nous et étendons aux autres la grâce que Dieu nous a accordée.

 

Quel frère ou quelle sœur devrais-tu aller voir? Y’a-t-il un frère ou une sœur que tu préfères éviter plutôt que d’aller le/la voir et lui donner l’occasion de se repentir et de te demander pardon? Que Dieu nous donne la force et la sagesse de marcher selon ses commandements. Une Église qui pardonne est une Église qui proclame: regardez-nous et reconnaissez que nous sommes les disciples de Jésus-Christ, à l’amour que nous nous portons!

Pour la gloire de Dieu seule!

 

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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  • Hello les amis,

    Sauf erreur de ma part, quand je lis votre point 1), il me semble que vous adhérez à l’inconditionnalité du pardon (et c’est bien). Par contre, au point 3), vous citez Buchold qui lui adhère à une forme de conditionnalité (sous condition de repentance de l’offenseur).

    Du coup, vous vous positionnez comment ?