Pourquoi nous devons dénoncer le mal

Dernièrement, je lisais le commentaire de John Stott sur l’Épître aux Éphésiens. J’ai été encore une fois émerveillé de la richesse de la Parole et reconnaissant à Dieu pour John Stott et l’instrument qu’il a été dans les mains de Dieu. Ma lecture a été si riche que j’ai décidé de sélectionner parmi les passages qui m’ont le plus marqué pour en faire des articles. Aujourd’hui, Stott nous parle de la raison pour laquelle nous devons dénoncer le mal et des effets.

Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez- les. Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret; mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière. (Ep 5.8-13)

Vivre dans la lumière…

L’image de la lumière parle d’une manière éloquente de l’ouverture et de la transparence chrétiennes, de la vie radieuse dans la présence de Christ, sans rien à cacher ni à craindre.

… c’est dénoncer le mal

Il n’est malheureusement pas possible de vivre dans la lumière et d’en jouir sans en même temps adopter une certaine attitude à l’égard de ceux qui vivent dans les ténèbres et à l’égard de leur genre de vie. Quelle sera notre attitude ? Elle a d’abord un aspect négatif : n’ayez rien en commun avec les œuvres stériles des ténèbres. Si la lumière produit un fruit de bonté et de vérité, les ténèbres, en revanche, sont improductives et stériles. Elles ne procurent aucun fruit bénéfique. Nous ne devons donc pas prendre part à leurs œuvres. Notre attitude comporte aussi un aspect positif : dénoncez-les, « mettez ces actions en pleine lumière » (FC). Il se peut que nous n’ayons pas nécessairement envie de les dénoncer, mais nous ne pouvons nous en dispenser, car c’est ce que fait invariablement la lumière ! Plus encore, les mauvaises actions doivent être démasquées et condamnées, car il est honteux de parler même de ce que ces gens font en secret.

Le double effet de la dénonciation du mal

Le verset 13 développe le double effet de la dénonciation chrétienne du mal. D’abord, lorsque le mal est dénoncé, il apparaît à la lumière. C’est toujours une bonne chose. Les ténèbres cachent l’affreuse réalité du mal ; la lumière le met à nu. Le mal est alors perçu pour ce qu’il est réellement, sans aucune possibilité de dissimulation ou de camouflage. Ensuite, ajoute l’apôtre, tout ce qui apparaît est lumière. Paul est tellement économe de mots qu’il nous est difficile de savoir avec certitude ce qu’il a voulu dire ici. Il semble envisager un second effet de la lumière : elle transforme en lumière ce qu’elle illumine. Cela pourrait signifier que les chrétiens qui mènent une vie juste et droite refrènent, réforment, voire amènent à al conversion ceux qui pratiquent le mal. Sous les rayons de leur lumière, ce qui est éclairé devient soudain lumière, comme les Éphésiens eux-mêmes sont lumière (v. 8). Si notre analyse est juste, alors Paul est parvenu au sommet de son raisonnement sur la lumière et les ténèbres. « Dénoncer » correspond à la fonction négative de la lumière : elle révèle les hommes dans leur réalité, dignes du jugement et de la condamnation. Mais la lumière exerce aussi un pouvoir positif : « La lumière d’une âme allume une autre lumière [Foulkes, p. 148] ». Car en amenant au grand jour le caractère affreux du mal, la lumière peut conduire les hommes à la conviction de péché, à la repentance et à la foi en Jésus. Voilà donc comment opère la lumière reflétée par les chrétiens dans leur environnement de ténèbres : elle rend visible ce qui est caché et crée la lumière.

— John Stott, Éphésiens, Vers uns nouvelle société, pp. 196-197

Pour aller plus loin :

Matthieu Giralt

Matthieu Giralt est le directeur de ToutPourSaGloire.com. Il est pasteur dans l'Est de la France. Il est titulaire d’un DNSEP de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, et d’un Master de recherche de la Faculté Jean Calvin. Il est le mari d’Alexandra, ils ont deux fils.

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