3 caractéristiques du rapport de l’Église avec la culture

1. Être une contre-culture.

Nous voulons former une Église qui non seulement apporte son soutien aux chrétiens individuels dans leur marche avec Dieu, mais encore les façonne pour former la nouvelle société humaine que Dieu crée par sa Parole et son Esprit (cf. point E.3).

2. Servir le bien commun.

Il ne suffit pas que l’Église s’oppose aux valeurs de la culture dominante. Nous devons être une contre-culture pour le bien commun. Nous voulons être radicalement distincts de la culture ambiante et, à partir de cette identité distincte, nous sacrifier par le service du prochain (et même de nos ennemis) et œuvrer à l’épanouissement des êtres humains dès ici-bas et pour l’éternité. C’est pourquoi nous ne considérons pas nos cultes publics comme offrant la meilleure occasion de contact avec les gens du dehors. Nous nous efforçons plutôt de nouer des relations avec notre prochain en œuvrant pour sa paix, sa sécurité et son bien-être, en l’aimant en paroles et en actes. Ce faisant, nous serons « sel » et « lumière » (en maintenant et en améliorant les conditions de vie, en montrant au monde la gloire de Dieu par notre façon de vivre, Mt 5.13-16). De même que les exilés juifs furent appelés à aimer le shalom de Babylone et à travailler en sa faveur (Jr 29.7), les chrétiens constituent, eux aussi, le peuple de Dieu « en exil » (1 P 1.1 ; Ja 1.1). Les citoyens de la cité de Dieu devraient être les meilleurs citoyens possibles de leur cité terrestre (Jr 29.4-7). Nous ne cultivons ni un optimisme ni un pessimisme excessifs à propos de notre influence culturelle, car nous savons qu’en marchant sur les traces de Celui qui a donné sa vie pour ses adversaires, nous serons persécutés – alors même que se manifeste notre impact social (1 P 2.12).

3. Comment ce rapport à la culture nous façonne:

Nous croyons que toute expression de la foi chrétienne est nécessairement (et à juste titre) contextualisée, qu’elle s’inscrit, jusqu’à un certain point, dans une culture humaine particulière. Il n’existe pas d’expression du christianisme qui soit universelle et dépourvue de lien avec l’Histoire. Cela dit, nous ne voulons pas être marqués par notre culture au point de sacrifier les vérités de l’Évangile. Alors comment conserver un juste équilibre ?

Pour répondre à cette question, disons que nous ne pouvons pas « contextualiser » l’Évangile dans l’abstrait, à titre d’expérience purement intellectuelle. Si une Église s’efforce d’être une contre-culture pour le bien temporel et éternel des gens, elle se gardera d’une part du légalisme, qui peut accompagner un repli injustifié face à la culture ambiante, et, d’autre part, de la compromission qui est liée à une adaptation de l’Évangile à la culture ambiante. Si nous recherchons le service plutôt que le pouvoir, nous pourrons avoir une influence culturelle significative. Mais si nous recherchons le pouvoir direct et le contrôle social, nous serons absorbés, ironiquement, par les idoles que sont la richesse, le statut social et le pouvoir – des réalités que nous cherchons justement à transformer.

L’Évangile lui-même contient la clé d’une juste contextualisation. Une contextualisation à outrance signifie que nous recherchons trop l’approbation de la culture réceptrice. Cette attitude trahit un manque de confiance dans l’Évangile. À l’inverse, une contextualisation insuffisante suggère que nous nous accrochons trop aux signes extérieurs de notre propre sous-culture. Cette approche trahit un manque d’humilité face à l’Évangile et un manque d’amour pour notre prochain.

Tiré de Une vision théologique du ministère, dans les documents fondateurs d’Évangile 21.

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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