5 questions à te poser avant de te faire tatouer cet été…

À 16 ans, après avoir (beaucoup) bataillé avec mes parents pendant plusieurs mois, je me suis fait faire un piercing à l’arcade (c’était la mode à l’époque). L’ironie, c’est que trois mois après, le piercing est tombé, mon corps avait fait un rejet. Je n’ai jamais plus refait de piercing parce qu’au final, je n’y voyais plus vraiment l’intérêt.

Aujourd’hui, si quelqu’un vient me demander mon avis avant de se faire faire un tatouage ou un piercing, voilà ce que je lui dirais.

Quels versets parlent de tatouages ou de piercings ?

Comme je le dis souvent, la Bible c’est #labase. Donc, c’est le bon réflexe de chercher à savoir ce qu’elle dit. Si on cherche des versets qui parlent de tatouages ou de piercings, on va tomber sur des passages de l’Ancien Testament, qui interdisent les tatouages et les incisions sur le corps (Lévitique 19.28 ; Deutéronome 14.1).

 

Comment comprendre ces textes de l’Ancien Testament pour aujourd’hui ?

Mais il ne suffit pas de dégainer ces textes pour clore le débat. On ne peut pas seulement prendre ces textes et les appliquer pour nous aujourd’hui. Je te donne plusieurs raisons :

  • Ces lois ont été données à un peuple spécifique, Israël, dans un contexte spécifique. Aujourd’hui, elles ne s’appliquent plus directement à nous, qui sommes dans la Nouvelle Alliance (Galates 3.23-25).
  • Dans d’autres passages, c’est carrément Dieu qui fait —de manière métaphorique— des « piercings » à son peuple (Ez 16.11-13).
  • Le contexte biblique nous permet de dire que le but de ces interdictions était essentiellement de marquer une séparation entre Israël et les pratiques des peuples païens de l’époque (Deutéronome 14.2).

Si, dans certains cas, Dieu a interdit à son peuple les tatouages et les piercings, c’est pour le distinguer des autres peuples et de leurs pratiques idolâtres. Mais alors, nous aujourd’hui, comment fait-on pour savoir ce que dit la Bible sur ces sujets ?

5 questions pour t’aider à réfléchir

Ce n’est pas parce que la Bible ne parle pas précisément d’un sujet qu’elle n’a rien à dire. On trouve dans la Bible des indices qui nous aident à penser sur des sujets délicats, en considérant plusieurs facettes de la question. Souvent, la question n’est pas tellement « Est-ce que c’est autorisé ? » mais plutôt « Est-ce que c’est sage ? ». Dieu veut engager notre responsabilité dans la liberté qu’il nous donne. Regardons quelques critères qui nous aideront à progresser dans notre réflexion. À chaque fois, je poserai une question qui te permettra d’y voir plus clair.

1. La modification

Tout appartient à Dieu. Absolument tout. Même nos corps. Ceux qui disent : « Je fais ce que je veux avec mon corps » veulent établir leurs propres règles. Mais pour le chrétien, c’est à Dieu qu’appartient son corps (1 Corinthiens 6.19-20). On doit alors se demander jusqu’où on peut aller dans la modification de notre corps. C’est aussi intéressant de remarquer que dans la Bible, les forces démoniaques poussent souvent les gens à se faire du mal (Marc 5.5, 9.22). Attention, je ne dis absolument pas que si tu veux te faire un piercing tu as un démon, je te fais juste remarquer le contraste entre deux attitudes : vouloir prendre soin de son corps et vouloir le détruire.

Question : Es-tu conscient que ton corps appartient à Dieu ?

 

2. La conscience

Dieu utilise souvent ta conscience pour t’aider à discerner ce qui est conforme à sa volonté et ce qui ne l’est pas. Chez ceux qui ne connaissent pas Dieu, la conscience est parfois étouffée et ils peuvent trouver normal certaines choses qu’ils font, même si c’est mal. Mais pour les chrétiens, l’Esprit de Dieu éclaire leur conscience et les rend plus sensibles à ce que Dieu aime. C’est pour cela que Paul a pu écrire aux chrétiens de Rome : « Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché » (Rm 14.23). Paul voulait dire que si ta conscience te dit que quelque chose est mal et que tu le fais quand même, tu pêches. En gros si t’hésites, c’est pas bon signe.

Question : Que te dit ta conscience ? Est-ce que tu l’écoutes ou tu l’étouffes ?

 

3. La motivation

Les motivations pour les piercings et tatouages sont souvent les mêmes : vouloir exprimer son individualité, vouloir embellir son corps ou souligner ses formes, pour des raisons sexuelles, religieuses ou rituelles. En Occident, les modifications corporelles peuvent aussi être synonymes de rébellion, surtout chez les adolescents. S’interroger sur ses motivations, c’est chercher la raison qui nous pousse à faire des choix. Si la raison est mauvaise, mieux vaut ne pas agir en conséquence. Si, au fond, tu sais que tu veux te faire percer/tatouer parce que tes parents sont contre, mais que tu veux quand même faire ce que tu veux, tes motivations sont mauvaises (Éphésiens 6.1 ; Colossiens 3.20).

Question : Quelles sont tes motivations ? Au fond, pourquoi tu te ferais percer/tatouer ?

 

4. La modestie

On pourrait définir la modestie comme « une simplicité, un effacement de soi, une marque d’humilité ». L’apôtre Paul parle clairement de la modestie comme d’une attitude à avoir dans 1 Timothée 2.9-10 : « Je veux que les femmes, habillées d’une manière décente, se parent avec pudeur et simplicité, non avec des tresses, de l’or, des perles ou des toilettes somptueuses, mais plutôt avec des œuvres bonnes, comme cela convient à des femmes qui affirment honorer Dieu. » (compare avec 1 Pierre 3.3-4). Même si ces passages s’adressent particulièrement aux femmes, le cœur du message est la modestie, valable pour tout le monde. Dans ces passages, Paul et Pierre parlent du contraste entre l’attitude extérieure, qui nous met en avant ; et l’attitude intérieure, qui doit mettre Dieu en avant par notre conduite. La modestie, c’est ne pas vouloir attirer les regards sur soi, mais vers Dieu.

Question : Est-ce que tu veux te mettre en avant, ou mettre Dieu en avant ?

 

5. L’identité

Souvent, ceux qui modifient leur apparence le font en vue de montrer qui ils sont. Leur corps reflète leur identité. Dans une certaine mesure, c’est vrai pour tout le monde : notre manière de nous habiller dit, un peu, qui nous sommes. C’est pour cela que nous insistons sur la question de la modestie. Mais au final, nous savons que ce n’est pas l’extérieur qui définit notre identité. Et nous pourrions changer d’habits, notre identité ne changerait pas. Parce que c’est Dieu qui définit notre identité, pas ce que nous portons, sur ou dans notre corps.

Question : Quelle est ton identité ? Comment elle s’exprime ?

 

On pourrait se poser d’autres questions (quels sont les risques au niveau de la santé ? Comment je me vois dans trente ans ? Est-ce que je recherche l’approbation des autres ? etc.), mais déjà, ces cinq questions nous permettent d’avancer dans notre réflexion.

J’ai fait exprès de ne pas donner de réponse tranchée —oui ou non— même si tu peux deviner ce que je pense.

Dieu nous laisse beaucoup de liberté, souvent plus qu’on ne le pense. Mais la Bible nous dit de ne pas faire de cette liberté un prétexte pour faire ce que l’on veut. Recherchons plutôt ce que Dieu veut, en lisant sa Parole, en le priant et en demandant conseil aux chrétiens plus mûrs autour de nous.

Et tout ce que nous faisons, faisons-le pour la gloire de Dieu (TPSG) !

Cet article a été publié originalement dans le magazine TaJeunesse n°267

Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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  • Jb Agbemebia

    Excellent !! Profond, synoptique et synthétique. Excellent.

  • Anicet ZEBI

    Merci pour ce très bon conseil.
    Mais j’avoue que la moustache de Matthieu me fait peur.

  • Philippe Israël

    Bon article ! A faire lire à toute personne dans nos assemblées qui songe à transformer son corps.

  • Fred

    Grand merci Matthieu.
    C’est un sujet que je connaissais mais j’apprécie la manière dont tu prends du recul sur les textes de l’AT, et le soin que tu mets à expliquer pourquoi c’est important. C’est très pédagogique !
    Voilà un article que je vais partager avec des non chrétiens car il illustre bien comment « Dieu veut engager notre responsabilité dans la liberté qu’Il nous donne ». Autrement dit, il répond à l’objection qui est faite aux chrétiens : <>