Ce que Dieu m’a appris le soir d’Halloween

Nous aimons tous les témoignages. Souvent, les histoires des uns et des autres nous montrent Dieu à l'œuvre et nous faisons le lien entre ce que nous croyons et ce que nous vivons. Le soir d'Halloween, Dieu m'a appris une leçon que je savais déjà, mais qu'il me fallait vivre, encore une fois.

Voilà ce qui s'est passé.

La mauvaise nouvelle

Il est 16h, le 31 Octobre, le jour d’Halloween. Cela fait maintenant près de 3 semaines que nous faisons un road-trip, ma femme et moi, à travers l’Ouest américain et ses grands parcs. Nous sommes chaque jour émerveillés de la beauté de la création de Dieu. Mais nous sommes un peu fatigués de bouger tout le temps et pensons avec envie à la bonne douche qui nous attend le soir même —ça fait plusieurs jours que nous l’attendons! Après 3 semaines de camping dans la voiture, il nous tarde d’atteindre San Francisco, la dernière étape avant notre départ pour la Nouvelle Zélande.

À mi-chemin entre Yosemite et San Francisco, nous nous arrêtons à Oakdale, pour manger et checker nos emails. Entre deux spams, nous tombons sur un email de la famille censée nous héberger pour nos 3 dernières nuits à SF. Ils nous informent ne plus pouvoir nous héberger suite à un incident familial. La nouvelle n’est pas forcément réjouissante. Nous sommes fatigués, notre budget est explosé et nos rêves de douches s’envolent avec cet email.

La bouteille à la mer

Nous décidons de bouger et de trouver un Mac Donald’s qui, pendant ces 3 semaines de vagabondage, nous servait de source WiFi et de café pas-cher-et-pas-pire. Nous nous installons près de la seule prise disponible pour recharger mon ordinateur, près des toilettes. Ce n’est pas le meilleur Mac Do que nous avons visité, et la place à côté des toilettes n’est pas la meilleure de l’établissement. À ce moment, nous sommes découragés. Parce que c’est Halloween, Alexandra ne veut pas dormir dans la voiture dans la rue ou sur un parking, ce que nous faisons d’habitude. Nous devons trouver un endroit où dormir, surtout que nous sommes à 2 heures de SF et que la nuit tombe ici avant 18h. Comme une bouteille à la mer, je lance un message sur Facebook:

En vrai nous sommes le 31 Octobre, il est environ 14h30 à Oakdale, Californie

En vrai nous sommes le 31 Octobre, il est environ 14h50 à Oakdale, Californie

Quelques amis partagent l’info, demandant à leurs contacts s’ils peuvent nous héberger. De notre côté, nous regardons sur AirBnB et faisons quelques demandes sur CouchSurfing. Mais il est un peu tard pour trouver un hébergement et parce que nous n’avons pas d’expérience en couchsurfing, difficile de trouver quelqu’un qui nous hébergerait dans un délai si court. Les hôtels pas chers et les auberges sont presque tous pleins. Il nous reste 3 nuits, mais nous devons surtout trouver où dormir ce soir, nous verrons plus tard pour demain et après-demain. Deux frères me proposent de l’aide financière, si jamais je n’ai pas d’autre solution. Je garde ça en tête, même si j’aimerais trouver autre chose et me débrouiller, peut-être par orgueil.

Le dénouement inattendu

La place à côté des toilettes devient de moins en moins supportable et mon ordi est assez chargé pour changer de place. Nous nous mettons aussi loin que possible de cette odeur, dans le coin opposé. Nous continuons de chercher des solutions, sans vraiment en trouver. À un moment, le couple de personnes âgées assis en face de nous décide de partir. Puisque cela semble une de nos dernières solutions, je leur demande:

Excusez-moi, nous dormons depuis plusieurs semaines dans notre voiture. Est-ce risqué de le faire le soir d’Halloween ici à Oakdale?

La dame se lève et s’approche de nous en répondant:

Non, c’est plutôt calme ici, vous ne risquez rien. Mais si vous voulez, vous pouvez venir vous garer dans notre allée, nous habitons à l’écart de la ville, vous serez tranquilles.

Nous acceptons et décidons de les suivre pour voir où ils habitent avant que la nuit tombe. Après environ deux miles, nous arrivons chez eux. Nous nous garons dans leur allée, entre un chai et leur maison. La maison est entourée d’un verger, ces gens semblent travailler la terre. À peine sortis de la voiture, la dame nous dit:

Nous avons aussi cette caravane, avec un lit. Vous pouvez y dormir, vous serez plus confortables que dans votre voiture.

Notre maison pour la nuit.

Notre maison pour la nuit.

Nous n’en croyons pas nos oreilles/yeux, nous nous retrouvons chez ces gens, rencontrés dans un Mac Donald’s douteux, qui maintenant nous invitent à dormir dans leur caravane. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Après la visite de la caravane, Donna et Charlie nous invitent à visiter leur maison. En rentrant, la première chose que je vois est un poster sur leur frigo qui dit: GOD LOVES YOU. Je regarde Alexandra en souriant et demande:

Vous êtes chrétiens?

Oui et vous?

Ce que nous voyons en entrant dans la maison.

Ce que nous voyons en entrant dans la maison.

La discussion s’engage. Être chrétien aux États-Unis, ça veut tout et rien dire. Tout le monde est chrétien, de manière nominale. Nous nous installons dans le canapé et je remarque la Bible posée sur l’accoudoir du fauteuil et des livres chrétiens posés ici et là. Nous commençons à parler de l’Église, de ce que nous faisons, de l’IBG et de notre foi commune. Quelque temps après, le petit-fils Joshua arrive et nous parlons de théologie.

Incroyable! Il y a quelques heures, nous étions dans un Mac Do miteux dans une ville perdue en plein milieu de nulle part, à nous demander où dormir. Nous voilà maintenant à parler de Dieu avec des chrétiens engagés, autour d’un bon chocolat chaud!

Ce que Dieu m’a appris ce soir-là

Il y a des choses que nous savons mais qu’il est bon de vivre. Il y a des choses que je sais, mais que je dois me rappeler de temps à autre. Croire en la souveraineté de Dieu c’est bien, la vivre est une expérience extraordinaire. Souvent, et malheureusement, nous ne vivons la dépendance à Dieu que lorsque nous y sommes obligés. Ce jour-là, nous avons prié Alexandra et moi, chacun de notre côté. Ma prière était quelque chose du genre:

OK Seigneur, tu gères tout. Je veux m’attendre à toi. J’ai confiance et je sais que tu contrôles absolument tout. Tu nous as conduits jusque là et tu continues à le faire. Je m’en remets à toi, dirige nous!

Souvent, nous regardons en arrière et constatons que Dieu a pourvu, qu’il a tout conduit et qu’il dirige toute chose. Mais là, nous ne regardions pas en arrière, mais attendions que Dieu nous ouvre la voie et qu’il débloque la situation. Non seulement il a pourvu avec un hébergement, mais il nous a permis de rencontrer des frères et sœurs en Christ et de constater encore une fois l’unité de l’Église, en même temps que la beauté de sa providence.

J’ai repensé à ces mots de Jésus en Matthieu 6.25-30:

C’est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? 26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux? 27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? 28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Considérez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent; 29 cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. 30 Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi? 31 Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? Que boirons-nous? De quoi serons-nous vêtus? 32 Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. 33 Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. 34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Cette histoire est un bon exemple pour se rappeler que ces mots de Jésus restent vrais encore aujourd’hui. Mais ne tombons pas dans le piège de croire que ce n’est que dans des moments comme ceux-là que Dieu dirige les choses. Dieu dirige tout, en tout temps. Arrêtons-nous et prenons le temps de reconnaitre son entière souveraineté sur notre vie entière, dans les petites comme dans les grandes choses. Et prenons le temps de le louer pour tout ce qu’il fait, jour après jour!

PS: L’histoire ne s’arrête pas là. Le lendemain, nous recevions un message d’une amie d’un ami qui nous disait que nous étions les bienvenus chez elle, à San Francisco. Mais c’est une autre histoire!

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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