LIVRE : Stop asking Jesus into your Heart (J.D. Greear)

On en parle beaucoup depuis qu’il est sorti, il était temps pour moi de lire ce petit livre jaune. Après trois pages et quelques dix-sept (!) recommandations – qui m’ont un peu embarrassé – et la préface de Paige Patterson, le président du Southwestern Baptist Seminary, le livre commence par une phrase amusante : « S’il y avait un Livre des Records du nombre de fois qu’on a demandé à Jésus d’entrer dans notre cœur, je suis certain que je l’aurais ».

Tout le monde parlait de ce livre, il était temps pour moi de l’ouvrir. Et je dois dire que j’ai aimé le lire.

Pourquoi j’ai aimé ?

D’abord, le livre est court. Ça peut prêter à sourire, mais lire un petit livre sert parfois à donner du rythme à notre lecture. Ensuite, parce qu’il est très simple à lire (pour peu qu’on lise l’anglais). Le style est très simple, pas de vocabulaire compliqué et il y a beaucoup d’illustrations. Une des choses que j’ai préféré peut-être, c’est la franchise de l’auteur. Il n’y va pas par quatre chemins quand il s’agit d’appuyer une vérité mais reste lucide sur sa propre vie. Exit le ton moralisateur, Greear se livre et cela fait écho dans nos vies.

Qui devrait le lire ?

Je recommande ce livre à tous ceux qui doutent de leur foi. Tous ceux qui ne savent pas s’ils sont réellement sauvés. Aussi, le livre peut intéresser les responsables d’églises ou de groupes de jeunes qui peuvent rencontrer des personnes en lutte avec l’assurance de leur salut. Ce livre sera une source d’encouragement pour ceux qui doutent à tort de leur salut, mais aussi une source de réflexion pour ceux qui ne voient pas de fruits dans leur vie.

Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, j’ai fait un résumé des différents chapitres du livres :

1. Suis-je réellement sauvé ?

Greear commence, dans le premier chapitre par poser les bases de son livre. S’il l’a écrit, c’est parce que lui-même a longtemps douté de son salut. Il s’est fait baptiser quatre fois (!) et nous dit qu’il a du demander à Jésus d’entrer dans son cœur plus de cinq mille fois (!!). La principale question auquel ce petit livre répondra est la suivante : Comment peut-on savoir, sans nul doute, que l’on est sauvé ?
Greear répond à cette question pour deux raisons qui se rejoignent : pour enlever le doute à ceux qui sont réellement sauvés et pour questionner ceux qui se croient sauvés et ne le seraient peut-être pas. L’ennemi, nous dit l’auteur, aime faire douter les chrétiens et faire croire aux autres qu’ils le sont.

Si Greear est autant préoccupé par la prière du pécheur, c’est qu’une étude en 2011 indiquait que la moitié des adultes américains ont prié une fois cette prière. Il est clair que tous ne sont pas chrétiens. Car ce n’est pas la prière qui sauve, comme un acte rituel, presque magique ; mais une repentance sincère, et une foi en Jésus-Christ. Du coup, la prière peut-être le point de départ d’une vie transformée, mais elle doit être suivie d’une réelle repentance. Le salut ne vient pas parce tu as prié une prière correctement, mais parce que tu as placé l’espérance de ton âme dans l’œuvre accomplie de Christ. (p. 11)

2. Assurance = obéissance

Dans le deuxième chapitre, à la question Dieu veut-il que nous ayons l’assurance de notre salut ?, l’auteur répond avec un grand oui. Il ajoute même que sans cette assurance, notre vie spirituelle ne peut pas vraiment décoller. Notre obéissance et notre consécration sont le résultat de notre assurance. Une chose qui devrait nous assurer de notre salut est notre union à Christ (cf. prédication de Chapell), quand tu deviens chrétien, tu es placé en Christ et Christ en toi, et comme Christ ne peut être rejeté par le Père, toi non plus. (p. 19) L’assurance est le contraire du doute. Alors que le doute et la peur ne motivent notre obéissance que pour un temps et loin de Dieu, l’assurance et l’amour de Dieu nous donne envie de lui obéir, Dieu veut l’intimité de fils, pas juste le service d’esclaves.

3. Jésus + rien = assurance

Il n’y a que deux catégories de personnes : ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, avec pour chaque catégorie une destinée éternelle (Jn 3.36). Il y a ceux qui croient et ceux qui déclare Dieu menteur (1 Jn 5.10). Ceux qui croient en Jésus ont reconnu qu’il a payé à leur place, en devant victime propitiatoire à la croix. Et quand Jésus plaide devant Dieu pour nous, ce n’est pas en faveur de notre mérite – nous n’en avons aucun – mais de sa justice. Il a déjà payé à notre place. C’est encore là un argument de poids pour notre assurance quant au salut : nous n’espérons pas être pardonnés, nous le savons, parce que notre place devant Dieu n’a rien à voir avec notre mérite, mais avec le mérite de notre Avocat qui est assis à notre place (p.31), Jésus à ma place. Notre assurance ne peut et ne doit pas dépendre de ce que nous faisons ou ferons, mais de ce que Jésus a accompli.

4. Croire ?

Dans le chapitre d’après, Greear va définir ce que croire veut dire. Croire ce n’est pas une idée, quelque chose de purement intellectuel, ça se traduit par des actes. Il ne suffit pas de croire comme reconnaitre, comme croire que Napoléon a perdu à Waterloo (exemple tiré du livre). Non, la foi biblique est accompagnée de la repentance, en fait, la repentance est la croyance en action (p. 40). La foi s’accompagne toujours de l’obéissance. Voilà pour les précisions.
Certains chrétiens voient le salut comme une cérémonie. On dit la prière du pécheur, on est pardonné, on est sauvé. Mais qu’arrive-t il quand le doute surgit ? A-t on vraiment exprimé une sincère repentance ? Est-ce que j’étais vraiment conscient ? Mais la conversion n’est pas compléter un rituel, c’est commencer une relation. L’assurance du rituel est basée sur des mots justes et la mémoire.  L’assurance de la relation est basée sur la posture présente de repentance et de croyance. Et c’est là que l’auteur va développer son idée principale en prenant l’image de la chaise. On peut être assis et ne pas se souvenir du moment où on a décidé de s’asseoir. Mais le fait d’être assis prouve qu’on a pris cette décision. Il y a clairement un moment de conversion, où le salut entre dans notre vie. Mais le fait de ne pas se souvenir du moment où on a pris notre décision ne doit pas nous faire douter, c’est notre posture qui nous indique que nous avons pris la décision à un moment donné.

5. C’est quoi la repentance ?

Ce chapitre m’a beaucoup touché, pour deux raisons : d’une part parce qu’il est cash, l’auteur n’y va pas par quatre chemins, ensuite parce qu’il est très encourageant. L’auteur est clair, la repentance est une condition pour être sauvé. Ce n’est pas un plus, une option, c’est une obligation. Sans repentance, dit-il, pas de réconciliation avec Dieu. La repentance n’est pas subséquent à la foi, c’est la foi en action (p. 55). En fait, il explique qu’en grec, le mot pour repentance est « metanoia » et signifie « nouvel esprit. » La repentance n’est pas juste une modification de nos actions, de notre manière de vivre, c’est le changement de notre esprit qui nous conduit à vivre différemment. Notre attitude extérieure doit être le reflet d’un bouleversement intérieur. Mais pour vraiment arriver à définir ce qu’est la repentance, il faut définir ce qu’elle n’est pas. Premièrement, la repentance n’est pas simplement prier la prière du pécheur. Ce n’est pas juste une déclaration de notre bouche, c’est l’inclinaison de notre cœur et notre abandon total à Dieu. La repentance est manifestée par nos actions mais ne se limite pas à ça. Ensuite, la repentance n’est pas se sentir désolé pour notre péché. Pleurer ne veut pas forcément dire se repentir. On peut pleurer sans attitude de repentance, c’est ce dont parle Paul en 2 Co 7.10. Les émotions que l’on peut ressentir, pleurs, honte, regrets ou apitoiement ne sont pas repentance. Ils peuvent y mener, mais ne sont pas la repentance. Aussi, la repentance n’est pas la confession des péchés. On peut très bien confesser ces péchés et se sentir mieux après, mais confesser ses péchés à un ami, un prêtre ou un pasteur ne résous rien, seul Jésus peut rétablir notre relation avec Dieu, en vertu de son sacrifice à la croix. Nos larmes ne lavent pas nos péchés. Le salut n’est pas nous sentir mieux mais retirer notre condamnation devant Dieu. Seul Jésus peut faire ça, par son sacrifice. La confession fait partie du processus, mais ne le résume pas. On mesure la repentance non au nombre de larmes mais au changement de direction. La repentance n’est pas non plus une reddition partielle, on doit s’abandonner complètement. Suivre Jésus, c’est Lui obéir en tout en tous temps, qu’on soit ou pas d’accord avec Lui (p. 61). La repentance n’est pas non plus la perfection. Même si nous devenons une nouvelle créature, nous avons toujours à lutter contre le péché. C’est là où Greear est encourageant. Souvent nous sommes dépités par notre capacité à pécher, et de fait, notre incapacité à obéir à Dieu. Mais c’est normal. Nous ne pouvons pas vivre la perfection de la repentance. Ce qui importe, ce n’est pas de ne jamais tomber, c’est notre attitude quand on tombe (p. 65). La repentance inclut aussi un changement de désir. Notre appétit est une faim de justice, pas de péché. Le chapitre finit avec l’explication du baptême de Jésus. Si Jésus était parfait, pourquoi avait-il besoin de se faire baptiser par Jean, du baptême de repentance ? Parce qu’il devait passer par le baptême de la repentance à ma place, avec une repentance parfaite, là où moi je ne peux. Il a vécu la vie que j’aurais du mener. Il a tout fait parfaitement à ma place. Je n’ai pas à – et je ne peux pas –  me repentir parfaitement, parce qu’Il a fait à ma place.

6. Une fois sauvé, toujours sauvé ?

Forcément, quand on parle de salut, on arrive vite à la question de perte du salut. Greear commence par dire qu’il affirme cette vérité, une fois sauvé, toujours sauvé. Une fois entre les mains de Dieu, personne ne peut nous en ravir (Jn 10.27-28; Rm 8.29-30). Mais, remarque intéressante, on ne lit nulle part dans les épîtres les apôtres disant à des nouveaux convertis qu’ils sont sauvés parce qu’ils ont accepté Jésus (comme l’auteur a raconté faire dans la rue en distribuant des tracts). Plutôt, on voit les apôtres appeler leurs lecteurs à persévérer, à continuer dans la grâce de Dieu (1 Th 3.5; Ph 2.16; Rm 11.22; Jude 20-21; Hé 12.15). Il y a aussi des passages qui mettent en garde (Hé 3.12-14; Jn 15.6; Mt 10.22, 33; Ap 2.7). Ces passages ne nous disent pas du tout que l’on peut perdre notre salut, mais que la foi qui sauve dure toujours jusqu’à la fin. Dieu nous appelle à la repentance. S’il peut nous arriver de tomber et de nous détourner du chemin, vouloir se repentir, vouloir revenir à Dieu est la preuve qu’il ne nous a pas abandonné. Une fois sauvé, on suit toujours Jésus. « Le salut est une posture de repentance et de foi envers Christ qui nous adopte à la conversion et nous maintient pour la durée de notre vie. » En fait, Greear nous dit que la meilleure preuve de notre salut dans le passé est notre posture présente. Ce qui importe, c’est d’être dans une posture de repentance et de foi.

7. La preuve que tu as cru

Une des choses qui prouvent notre foi, c’est la présence de Jésus dans notre vie. Et cette présence se manifeste notamment par l’obéissance à ses commandements (1 Jn 2.3-6). Celui qui croit, c’est celui qui obéit. La foi qui sauve est non seulement celle de quelqu’un qui persévère, mais aussi se manifeste par un changement au niveau du cœur. Une fois chrétien, on a un amour pour Dieu, que seul Lui peut donner. Greear le dit bien: « Quand tu es né de nouveau, tu commences à ne pas pécher non seulement parce que tu crains la punition, mais parce que ça t’éloignes de Dieu » (p. 97). Dieu te donne un appétit pour Lui et sa Parole. Ton obéissance n’est plus devoir mais délice. Aussi, avec l’amour de Dieu, l’amour des autres. On ne peut pas dire aimer Dieu et ne pas aimer les autres, les autres chrétiens en particulier. C’est même la marque du chrétien (Jn 13.35). Aussi, la grâce de Dieu envers nous doit se manifester par la grâce que nous exerçons envers les autres. Celui qui a été pardonné par Dieu pardonnera à son tour (Mt 18.23-35). Certains diront encore aimer le péché et le regretter. Normal dit Greear! C’est peut-être là même une preuve que l’Esprit agit en nous. Avant, le péché ne nous dérangeait pas, nous ne en rendions même pas compte. Plus je me sens pécheur, plus l’Esprit agit en moi. C’est seulement en étant éclairé par Jésus que nous pouvons porter un regard lucide sur notre condition misérable. Mais la preuve ultime dit Greear, c’est l’Église locale. C’est l’assemblée qui peut voir les changements opérés chez quelqu’un qui a placé sa vie en Christ.

8. Quand tu continues à douter

Parfois, il arrive de douter. De ne ressentir que peu l’amour de Dieu. De retomber dans le même péché, encore. Le conseil de Greear? Continuer à croire en l’Évangile. Garder les yeux fixés sur Jésus. Se reposer dans Son œuvre accomplie. C’est tout ce que nous pouvons et devons faire. « Peut-être Dieu laisse ses saints se débattre de la sorte pour que leur foi repose dans sa grâce et pas dans leur justice » (p. 106). Mais, point important, l’auteur nous rappelle que la foi n’est jamais l’affaire de sentiments. L’Écriture ne nous parle pas d’un sentiment d’être sauvé. Notre assurance repose sur les faits de l’œuvre de Christ. Ainsi, les sentiments peuvent venir de l’assurance, mais pas l’assurance des sentiments. C’est un point important à souligner, surtout lorsque nos sentiments vont à l’encontre de ce que nous déclare la Parole. Cette assurance, c’est un avant goût du paradis. Gardons les yeux fixés sur Lui!

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Matthieu Giralt

Disciple de Jésus-Christ, Matthieu est marié à Alexandra. Il est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux et de l’Institut Biblique de Genève. Pasteur dans une Église à Étupes. Étudiant à la Faculté de Théologie Jean Calvin. Il fait aussi partie de Majestart. Ses sujets favoris? La #culture, l’#art, la #mission, et parler de Jésus!

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